denis pouppeville


figures bouffonnes
denis pouppeville
œuvres récentes
exposition du 15 février au 8 mai 2021
vernissage le lundi 15 février de 18 à 20 h 30

présentation de « Les squelettes cocasses », textes de Gilbert Lascault illustrés par Denis Pouppeville aux Éditions de La Pierre d’Alun.
Avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles

vacances de pâques du 5 au 16 avril 2021

En 2019 et 2020, Denis Pouppeville dessine des figures bouffonnes, curieuses, drôles, troublantes pour Les squelettes cocasses, mes brèves fictions éditées à La Petite Pierre. Il est né en 1947 au Havre. Il est peintre, dessinateur, enseignant à l’École des Arts-Décoratifs de Paris et à l’Université d’Amiens. Ses œuvres ont été exposées en une centaine de galeries et de librairies. Il dessine dans divers journaux ; il a illustré de nombreux récits et poèmes... Enfant et adolescent, il a aimé Le Havre. Il a visité régulièrement le Musée-Maison de culture André Malraux du Havre ; le musée actuel est inauguré en 1961 face à la mer. Il a contemplé souvent 30 peintures de Dufy, 226 peintures d’Eugène Boudin, les œuvres de Monet, Degas, Pissaro, Villon, Van Dongen, Permeke, bien d’autres, des dessins, des gouaches.
Denis Pouppeville est parfois proche des œuvres de Jean-Gérard Granville (1803-1847), d’Odilon Redon (1840-1916), de Félicien Rops (1833-1898), de James Ensor (1860-1949), de Christian Boltanski (né en 1944), de Michel Journiac (1935-1995) ; il aime lire des textes anarchistes de Félix Fénéon (1861-1944)... Très souvent il observe les danses macabres du Moyen Âge.
En 1875, selon Baudelaire, Grandville a voulu « noter sous une forme plastique la succession des rêves et des cauchemars avec la précision d’un sténographe »... À Paris, noctambule, Rops hante les boulevards et les alcôves pour y découvrir les jeunes corps féminins de l’actualité.En 1878, il écrit : « Le nu d’aujourd’hui ne ressemble à nul autre. Il ne faut pas faire le sein de la Vénus de Milo, mais le sein de Tata qui est moins beau, mais qui est le sein du jour ». Les femmes sont, pour Félicien Rops, pour le « Beau Fély », les dévoreuses et les inspiratrices... L’autre peintre belge James Ensor est un sorcier insolent d’Ostende, le magicien des squelettes hoquetants et de ses masques « pourprés, azurés, nacrés, coquillés, huîtrés ». Ou bien Ensor rassemble la foule des masques disparates de L’Entrée du Christ à Bruxelles (1888) lorsque les banderoles inscrivent : « Charcutiers de Jérusalem... Mouvement flamand... Vive la Sociale... Fanfares doctrinaires... La Samarie reconnaissante... » Ainsi Ensor, Rops, Breughel, Rabelais, Pouppeville, d’autres, règlent les mascarades.

Gilbert Lascault

les livres de la petite pierre, on en parle...


 Roger Pierre Turine parle des livres de La Petite Pierre dans Arts Libre du 4 novembre 2020

stefan de jaeger · PROLONGATION


peanuts
stefan de jaeger
œuvres récentes
exposition du 19 octobre au 13 février 2021
visite dès le 2 décembre ou sur rendez-vous!


congés d’hiver du 22 décembre 2020 au 4 janvier 2021

présentation de « Mon oeil ! », textes Liberski Stefan De Jaeger dessins, aux éditions de la Pierre d’Alun. Avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles

Tudieu Stefan de Jaeger le peintre t’aurais vu ça le mec hop hop il te klache ça zim boum paf vlam gauche droite taïaut d’assaut en avant toute vouf ça te fouchtra te coule de rouge puis là de noir de jaune de bleu de palsembleu de nom de bleu de haut en bas de bas en haut d’ici à là de but en blanc enfin de partout ça glicle ça crache ça fuse ça jette et t’éclabousse dans la caboche tu t’en souviens partout faut voir sa chemise dans quel état mon pauvre ami totale piquetée de piquetis pizzicati et ses tennis je te dis pas bonnes pour le bac enfin voilà il fait des trucs et des bazars ce gars-là il te pignoche des éclats de rose de mauve il te brosse des barres de vert là tout en-dessous du magenta et puis des crolles qui hop s’envolent et des zizis et des zozos des yeux des cieux des fentes des meufs des grappes des miches et des counous puis des chapi chapo des crottes des bottes des biques des orangettes des salut dis avec la main les pieds et des ratchas je ne sais pas quoi bon sang de bonsoir tu verrais ça des rogntudju et des soleils et puis du geste ah oui alors là ça oui du geste du geste du geste du geste de citrouille comment dis-tu de citron pardon qu’est-ce que j’ai dit j’ai dit citrouille aux temps pour moi un geste de citron voilà de poésie tu m’as compris surtout c’est là ben oui c’est là c’est fou combien c’est là cette peinture-là si ploum et ploum et tralala chez Marchetti voilà c’est dit toiles et papiers pierre et ciseaux comment dites-vous ah du blabla ça non je ne sais pas tant pis pour vous ne venez pas

Stefan Liberski

stefan de jaeger


peanuts
stefan de jaeger
œuvres récentes
exposition du 19 octobre au 19 décembre 2020
vernissage le lundi 19 octobre de 18 à 20 h 30

présentation de « Mon oeil ! », textes Liberski Stefan De Jaeger dessins, aux éditions de la Pierre d’Aun. Avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles

Tudieu Stefan de Jaeger le peintre t’aurais vu ça le mec hop hop il te klache ça zim boum paf vlam gauche droite taïaut d’assaut en avant toute vouf ça te fouchtra te coule de rouge puis là de noir de jaune de bleu de palsembleu de nom de bleu de haut en bas de bas en haut d’ici à là de but en blanc enfin de partout ça glicle ça crache ça fuse ça jette et t’éclabousse dans la caboche tu t’en souviens partout faut voir sa chemise dans quel état mon pauvre ami totale piquetée de piquetis pizzicati et ses tennis je te dis pas bonnes pour le bac enfin voilà il fait des trucs et des bazars ce gars-là il te pignoche des éclats de rose de mauve il te brosse des barres de vert là tout en-dessous du magenta et puis des crolles qui hop s’envolent et des zizis et des zozos des yeux des cieux des fentes des meufs des grappes des miches et des counous puis des chapi chapo des crottes des bottes des biques des orangettes des salut dis avec la main les pieds et des ratchas je ne sais pas quoi bon sang de bonsoir tu verrais ça des rogntudju et des soleils et puis du geste ah oui alors là ça oui du geste du geste du geste du geste de citrouille comment dis-tu de citron pardon qu’est-ce que j’ai dit j’ai dit citrouille aux temps pour moi un geste de citron voilà de poésie tu m’as compris surtout c’est là ben oui c’est là c’est fou combien c’est là cette peinture-là si ploum et ploum et tralala chez Marchetti voilà c’est dit toiles et papiers pierre et ciseaux comment dites-vous ah du blabla ça non je ne sais pas tant pis pour vous ne venez pas

Stefan Liberski

pierre radisic, on en parle...

Voici le bel article de La Libre Culture de mercredi 26 août 2020 sur Pierre Radisic.
Il est signé par Jean-Marc Bodson. 

Pierre Radisic - La Libre Culture - mercredi 26 août 2020 - Jean-Marc Bodson

pierre radisic


éclats multiples
pierre radisic
photographies
exposition du 18 août au 17 octobre 2020
vernissage le lundi 24 août de 18 à 20 h 30
présentation de « L’instant décisif », textes de Georges Meurant, photographies de Pierre Radisic, dans la collection de La Petite Pierre aux éditions de La Pierre d’Alun.
Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
nuit des galeries dans le cadre de parcours d’artistes
de 18 à 22 h le mercredi 30 septembre 2020


Comment introduire l’œuvre photo-graphique de Pierre Radisic, observateur infatigable et créateur prolifique, franc-tireur faisant feu de tous bois, iconoclaste provocateur et obsessionnel, bricoleur surréaliste, inclassable troublion ?
Au commencement était le Noir... et le Blanc... et la myriade de teintes de gris.
Au commencement était le corps, au commencement était le grain, la matière. Grain de peau, matière courbe et rebondie ou ferme et anguleuse, éclat du regard, reflets des textures, orifices comme autant de trous noirs, de régions inconnues. Le corps, tout est venu de là. Le corps comme émanation cosmique. Un monde qui s’accorde à nos désirs... un imaginaire qui jouit sans entrave... un plaisir partagé par le jeu des sens, jeu des formes, des contrastes et des couleurs, jeu des représentations et des fantasmes.
L’image devient tableau. Les formes et les couleurs, les ombres et les lumières s’organisent pour nous parler. La peinture a été une de ses principales sources de référence, l’Art pictural devenu l’Art photographique. De là sans doute cette constante esthétique. Même s’il affectionne le côté conceptuel de ses compositions, l’illusion d’optique et les interprétations qu’elles laissent à découvrir, la beauté formelle reste le fondement autour duquel tout viendra graviter.
Il en va de même pour la musique, son autre source d’inspiration. On retrouve cette idée de partition dans l’ensemble des images qu’il compose comme des séries, comme des séquences d’écriture picturale, sortes de variations sur un même thème. Une manière, peut-être, de vouloir dépasser l’instantané pour créer du mouvement, pour réaliser des partitions visuelles.
Pierre Radisic nous invite à explorer, à stimuler notre propre imaginaire, à laisser libre cours à nos interprétations voire à nous laisser « délirer ». À l’heure du cliché, du selfie et du « tout image » comme on dirait du « tout à l’égoût », l’œil et son point de vue sont à réinventer et la vision de Pierre Radisic pourrait nous y aider, nous aider à penser l’image autrement que comme un simple reflet de notre narcissisme ou comme une fabrique à souvenir...
Et Éros dans tout ça, me direz-vous ?
À la fois moteur et essence de sa création, carburant du plaisir et de la liberté artistique, le sexe est partout en filigrane...
Mais, en fin de compte, et si c’était plutôt une histoire d’œil ? Car c’est bien l’œil qui est au centre de l’aventure picturale de Pierre Radisic... l’œil qui voit et nous regarde.
Et ne dit-on pas « se rincer l’œil » ?
Tout est dans tout et réciproquement ?
Non peut-être!

Bernard Noël, mars 2020

thierry lenoir


the blues-black note
thierry lenoir
gravures
prolongation jusqu'au 11 juillet 2020

Les cheveux ébouriffés au doux vent de folie, Thierry Lenoir se taille sur son lino ou bois magiques, à pas feutrés, comme d'autres vont à la pêche. Sa planète résonne en tierce mineure sur un accord de dominante, The Blues-Black note en chromatisme de croches sur carré blanc.
Avec son âme d'enfant, sincère, impertinent, libre par-dessus tout, il vogue léger, droit au but, la gouge à la main. Sa musique d'encre aux rythmes décapants nous emporte vers d'autres dimensions, tantôt dans les sphères aériennes, tantôt sous les motifs du papier peint d'une chambre qui se referme telle une griffe.
Son regard multiple se pose avec humour et poésie sur les mondes parallèles, les souterrains de nos inconsciences à se rompre le cou, de l'autre côté du miroir... juste un rien au-delà... sur le fil du rasoir... où déambulent dans un rêve éveillé personnages à fleur de peau et créatures hallucinées.
Derrière ce jaillissement se cache un artiste qui échappe à toutes les définitions. L'essentiel est donné d'emblée et se déploie devant nos yeux éberlués : une œuvre riche, généreuse, réjouissante, dans laquelle on saute à pieds joints.

Grégory Marszalkowski, janvier 2020

thierry lenoir, on en parle...

L’œuvre de la semaine
Guy Gilsoul
La peste ravageuse



À quelle peinture cette gravure de Thierry Lenoir ferait-elle penser ? Par la composition avec la Vierge et l’enfant posée sur l’axe de symétrie et l’étagement des personnages rassemblés en un lieu fermé, la scène évoque l’art des Primitifs flamands.  Pour les amateurs de cette période glorieuse et pour les habitués des salles du Louvre, l’affaire est claire : le tableau source n’est autre que le retable Floreins du nom d’un prospère marchand d‘épices qui serait mort de la peste en 1488 et en hommage duquel, sa veuve aurait commandé l’oeuvre au peintre Hans Memling. Dans le panneau terminé en 1490, Saint Jacques, protecteur des marchands se trouve aux côtés du défunt présenté comme un donateur alors que le bébé Christ le bénit. La Vierge quant à elle, compatit à la douleur de l’épouse, assise et protégée par Saint Dominique. La relecture du graveur belge va, évidemment, contrarier la vision apaisée et recueillie du tableau ancien. Dans la gravure, tout n’est plus que sarcasme et provocation. Le sens même de l’image est contrarié puisque l’image originelle est retournée plaçant à gauche ce qui se situait à droite entraînant ainsi, dès l’abord, un changement radical dans le mouvement de la scène. L’homme, placé « a sinistra » ne fixe plus avec confiance le lointain à droite mais la gauche et la Vierge. En réalité cette mise en miroir accompagne surtout  l’iconographie en son ensemble et en ses détails. L’enfant Christ devient un diable cornu et le marchand décédé, se fait séducteur, proposant une offrande, une bougie au profil ambigu, à la Vierge qui ne compatit plus mais affiche sa gourmandise alors que la veuve ici joyeuse précède une foule de femmes vampires. La charge relève autant de la caricature que de l’attaque frontale à la fois contre les « commanditaires » d’œuvres d’art, le monde économique et la foi en un ordre supérieur qui, en période de pandémie (la peste noire apparue à Marseille en 1347 aura tué près de la moitié de la population européenne), suggère compassion et confiance en un au-delà protégé. « Gloria » chante le Dominicain. « Alleluia » lui répond le protecteur des économies libres. D’actualité ? Le travail de Thierry Lenoir nous a habitué à ses critiques contre le consumérisme, les dictatures de toutes sortes et les mauvaises habitudes sublimées même si, sur cette lancée, il rend aussi parfois hommage, via des portraits à ceux de sa famille comme James Ensor, Henri Michaux, Félicien Rops ou encore René Magritte. 

Bruxelles, Le Salon d’art. 81 rue de l’hôtel des monnaies. Jusqu’au 30 avril. Du mardi au vendredi de 14h à 18h30. www.lesalondart.be

La madone à l’enfant. © Thierry Lenoir.