jacques villeglé, sérigraphie



La Pierre d’Alun a le grand plaisir de vous annoncer une coédition d’une sérigraphie originale de Jacques Villeglé. Il en a été tiré trente-cinq exemplaires sur papier édition 250 g numérotés et signés de 1 à 35 par l’artiste, au prix de souscription de 600 R, durant 3 mois, et 750 R ensuite.
Cette œuvre est uniquement disponible au Salon d’Art et peut être acquise en 1 ou 2 versements dans la durée de 3 mois.

Télécharger le pdf de souscription pour la sérigraphie de jacques villeglé

Invitation de Patrick Derom

le 20 novembre 2018 de 19 h à 20 heures à une séance de dédicaces de Gala Bryand,
à l’occasion du 70e anniversaire de la première rencontre de Jacques Villeglé avec Camille Bryen,

Patrick Derom Gallery – 1 rue aux Laines – 1000 Bruxelles - + 32 2 514 08 82

kikie crêvecœur, on en parle...

Le Vif, 1er novembre 2018

adieu eduardo!

Arts Libre, 31 octobre 2018

kikie crêvecœur



Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, disait Flaubert. Lorsque Kikie Crêvecœur, dans son atelier, évoque brièvement qu’elle a travaillé ici au départ de rien – traces, fumées, ombres (et, pourrait ajouter qui la connaît un peu, doutes, errances, invisible patience) – on pense immédiatement force interne du style. Qui outrepasse ce que l’on tente d’en dire. Qui s’expérimente du regard seulement. Sans hâte, dans un vertige qui prend lentement possession de nous.
Sans doute pourrait-on évoquer la fin d’un monde, l’apocalypse à venir, sa séduction dangereuse, scandaleusement légère, champignon, arbre, chapeau de plumes ou de nuées annonciatrices de la destruction totale. Ou le retour miséricordieux du cosmos, de la profondeur du noir, les astres comme des clous d’argent, la Voie lactée – disparue de nos cieux dévorés par la lumière artificielle – rendue à sa dissémination paisible, son clignement familier. Ou l’éternel végétal, ce vert que seule la couleur nomme – si pauvre ce mot de « vert », si indigeste en regard de cette somptuosité libre et construite, qui nous survivra, évidemment. Ou les crépuscules bleu vif et noirs qu’une fois aveugles ou morts nous pleurerons à jamais.
Il sera moins facile de dire ce qui, dans ces images, nous comble et nous perd à la fois. Ce dans quoi l’on voudrait s’engloutir quand tous les signaux de la planète sont au rouge. La profondeur d’un rien. La puissance iconique d’un élément de nature. La poussière noire qui subsiste quand le paysage, calciné, se fait néant. L’encre enfin, où l’œil se noie, voyageant dans sa matière docile que l’artiste, qui la travaille et la touche d’empreintes mystérieuses et ténues, rend infiniment fraternelle. Comme la voûte nocturne sous laquelle l’on voudrait se coucher pour un dernier sommeil.

Caroline Lamarche

nathalie amand, on en parle... (merci à Guy Gilsoul)


L’œuvre de la semaine
Guy Gilsoul
Promenons-nous dans les bois tant que…..
Il faut avoir vu (et dégusté) la saveur surréaliste des collages de Nathalie Amand (°1968) pour mieux se perdre dans les forêts de montagnes que la photographe nous propose. Le regard chute plus qu’il ne s’aventure. Pas de chemin tracé, pas d’horizon. La sérénité du marcheur et l’émerveillement du botaniste font place aux imaginaires des bois et des futaies. Dans ces forets de Haute Savoie dans lesquelles la photographe se perd, les troncs sont recouverts de mousses et de lichens et les branches reliées entre elles par des vapeurs arachnéennes, masquent le sol. Le côté fantastique élève la voix et comme le suggérait le peintre allemand Friedrich, c’est bien l’oeil intérieur qui se mesure ici aux pouvoirs de la rétine et de la raison. Romantique alors Nathalie Amand ? Sans aucun doute, mais sur ce tremplin, elle vit, l’appareil en bandoulière, ce que Max Ernst désignait comme la vocation de l’homme : « se délivrer de sa cécité ». Le hasard sera donc convoqué et de même le temps afin que vienne le mystère. Choisissant des temps de pose assez long (dix secondes), Nathalie Amand, avec la complicité d’un flux de lumière, provoque des zones d’apparition qui ne sont pas sans évoquer les spectres et autres auras de la photographie spirite. Quand, au contraire, le jour s’accroche et ricoche en gris gommant les contours et les profondeurs, il crée, comme ici, un lieu indéfini dont on pourrait trouver des équivalences dans le procédé du frottage.  Notons que l’exposition donne lieu à la publication, aux éditions de la Pierre d’Alun de « Papiers collants » associant les collages de l’artiste et un texte de Caroline Lamarche.
Bruxelles, Le Salon d’art. 81, rue de l’Hôtel des Monnaies. Jusqu’au 20 octobre. Du Me au Ve de 14h à 18h30, sa de 9h30 à 12h et de 14h à 18h. www.lesalondart.be