stefan de jaeger


peanuts
stefan de jaeger
œuvres récentes
exposition du 19 octobre au 19 décembre 2020
vernissage le lundi 19 octobre de 18 à 20 h 30

présentation de « Mon oeil ! », textes Liberski Stefan De Jaeger dessins, aux éditions de la Pierre d’Aun. Avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles

Tudieu Stefan de Jaeger le peintre t’aurais vu ça le mec hop hop il te klache ça zim boum paf vlam gauche droite taïaut d’assaut en avant toute vouf ça te fouchtra te coule de rouge puis là de noir de jaune de bleu de palsembleu de nom de bleu de haut en bas de bas en haut d’ici à là de but en blanc enfin de partout ça glicle ça crache ça fuse ça jette et t’éclabousse dans la caboche tu t’en souviens partout faut voir sa chemise dans quel état mon pauvre ami totale piquetée de piquetis pizzicati et ses tennis je te dis pas bonnes pour le bac enfin voilà il fait des trucs et des bazars ce gars-là il te pignoche des éclats de rose de mauve il te brosse des barres de vert là tout en-dessous du magenta et puis des crolles qui hop s’envolent et des zizis et des zozos des yeux des cieux des fentes des meufs des grappes des miches et des counous puis des chapi chapo des crottes des bottes des biques des orangettes des salut dis avec la main les pieds et des ratchas je ne sais pas quoi bon sang de bonsoir tu verrais ça des rogntudju et des soleils et puis du geste ah oui alors là ça oui du geste du geste du geste du geste de citrouille comment dis-tu de citron pardon qu’est-ce que j’ai dit j’ai dit citrouille aux temps pour moi un geste de citron voilà de poésie tu m’as compris surtout c’est là ben oui c’est là c’est fou combien c’est là cette peinture-là si ploum et ploum et tralala chez Marchetti voilà c’est dit toiles et papiers pierre et ciseaux comment dites-vous ah du blabla ça non je ne sais pas tant pis pour vous ne venez pas

Stefan Liberski

pierre radisic, on en parle...

Voici le bel article de La Libre Culture de mercredi 26 août 2020 sur Pierre Radisic.
Il est signé par Jean-Marc Bodson. 

Pierre Radisic - La Libre Culture - mercredi 26 août 2020 - Jean-Marc Bodson

pierre radisic


éclats multiples
pierre radisic
photographies
exposition du 18 août au 17 octobre 2020
vernissage le lundi 24 août de 18 à 20 h 30
présentation de « L’instant décisif », textes de Georges Meurant, photographies de Pierre Radisic, dans la collection de La Petite Pierre aux éditions de La Pierre d’Alun.
Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
nuit des galeries dans le cadre de parcours d’artistes
de 18 à 22 h le mercredi 30 septembre 2020


Comment introduire l’œuvre photo-graphique de Pierre Radisic, observateur infatigable et créateur prolifique, franc-tireur faisant feu de tous bois, iconoclaste provocateur et obsessionnel, bricoleur surréaliste, inclassable troublion ?
Au commencement était le Noir... et le Blanc... et la myriade de teintes de gris.
Au commencement était le corps, au commencement était le grain, la matière. Grain de peau, matière courbe et rebondie ou ferme et anguleuse, éclat du regard, reflets des textures, orifices comme autant de trous noirs, de régions inconnues. Le corps, tout est venu de là. Le corps comme émanation cosmique. Un monde qui s’accorde à nos désirs... un imaginaire qui jouit sans entrave... un plaisir partagé par le jeu des sens, jeu des formes, des contrastes et des couleurs, jeu des représentations et des fantasmes.
L’image devient tableau. Les formes et les couleurs, les ombres et les lumières s’organisent pour nous parler. La peinture a été une de ses principales sources de référence, l’Art pictural devenu l’Art photographique. De là sans doute cette constante esthétique. Même s’il affectionne le côté conceptuel de ses compositions, l’illusion d’optique et les interprétations qu’elles laissent à découvrir, la beauté formelle reste le fondement autour duquel tout viendra graviter.
Il en va de même pour la musique, son autre source d’inspiration. On retrouve cette idée de partition dans l’ensemble des images qu’il compose comme des séries, comme des séquences d’écriture picturale, sortes de variations sur un même thème. Une manière, peut-être, de vouloir dépasser l’instantané pour créer du mouvement, pour réaliser des partitions visuelles.
Pierre Radisic nous invite à explorer, à stimuler notre propre imaginaire, à laisser libre cours à nos interprétations voire à nous laisser « délirer ». À l’heure du cliché, du selfie et du « tout image » comme on dirait du « tout à l’égoût », l’œil et son point de vue sont à réinventer et la vision de Pierre Radisic pourrait nous y aider, nous aider à penser l’image autrement que comme un simple reflet de notre narcissisme ou comme une fabrique à souvenir...
Et Éros dans tout ça, me direz-vous ?
À la fois moteur et essence de sa création, carburant du plaisir et de la liberté artistique, le sexe est partout en filigrane...
Mais, en fin de compte, et si c’était plutôt une histoire d’œil ? Car c’est bien l’œil qui est au centre de l’aventure picturale de Pierre Radisic... l’œil qui voit et nous regarde.
Et ne dit-on pas « se rincer l’œil » ?
Tout est dans tout et réciproquement ?
Non peut-être!

Bernard Noël, mars 2020

thierry lenoir


the blues-black note
thierry lenoir
gravures
prolongation jusqu'au 11 juillet 2020

Les cheveux ébouriffés au doux vent de folie, Thierry Lenoir se taille sur son lino ou bois magiques, à pas feutrés, comme d'autres vont à la pêche. Sa planète résonne en tierce mineure sur un accord de dominante, The Blues-Black note en chromatisme de croches sur carré blanc.
Avec son âme d'enfant, sincère, impertinent, libre par-dessus tout, il vogue léger, droit au but, la gouge à la main. Sa musique d'encre aux rythmes décapants nous emporte vers d'autres dimensions, tantôt dans les sphères aériennes, tantôt sous les motifs du papier peint d'une chambre qui se referme telle une griffe.
Son regard multiple se pose avec humour et poésie sur les mondes parallèles, les souterrains de nos inconsciences à se rompre le cou, de l'autre côté du miroir... juste un rien au-delà... sur le fil du rasoir... où déambulent dans un rêve éveillé personnages à fleur de peau et créatures hallucinées.
Derrière ce jaillissement se cache un artiste qui échappe à toutes les définitions. L'essentiel est donné d'emblée et se déploie devant nos yeux éberlués : une œuvre riche, généreuse, réjouissante, dans laquelle on saute à pieds joints.

Grégory Marszalkowski, janvier 2020

thierry lenoir, on en parle...

L’œuvre de la semaine
Guy Gilsoul
La peste ravageuse



À quelle peinture cette gravure de Thierry Lenoir ferait-elle penser ? Par la composition avec la Vierge et l’enfant posée sur l’axe de symétrie et l’étagement des personnages rassemblés en un lieu fermé, la scène évoque l’art des Primitifs flamands.  Pour les amateurs de cette période glorieuse et pour les habitués des salles du Louvre, l’affaire est claire : le tableau source n’est autre que le retable Floreins du nom d’un prospère marchand d‘épices qui serait mort de la peste en 1488 et en hommage duquel, sa veuve aurait commandé l’oeuvre au peintre Hans Memling. Dans le panneau terminé en 1490, Saint Jacques, protecteur des marchands se trouve aux côtés du défunt présenté comme un donateur alors que le bébé Christ le bénit. La Vierge quant à elle, compatit à la douleur de l’épouse, assise et protégée par Saint Dominique. La relecture du graveur belge va, évidemment, contrarier la vision apaisée et recueillie du tableau ancien. Dans la gravure, tout n’est plus que sarcasme et provocation. Le sens même de l’image est contrarié puisque l’image originelle est retournée plaçant à gauche ce qui se situait à droite entraînant ainsi, dès l’abord, un changement radical dans le mouvement de la scène. L’homme, placé « a sinistra » ne fixe plus avec confiance le lointain à droite mais la gauche et la Vierge. En réalité cette mise en miroir accompagne surtout  l’iconographie en son ensemble et en ses détails. L’enfant Christ devient un diable cornu et le marchand décédé, se fait séducteur, proposant une offrande, une bougie au profil ambigu, à la Vierge qui ne compatit plus mais affiche sa gourmandise alors que la veuve ici joyeuse précède une foule de femmes vampires. La charge relève autant de la caricature que de l’attaque frontale à la fois contre les « commanditaires » d’œuvres d’art, le monde économique et la foi en un ordre supérieur qui, en période de pandémie (la peste noire apparue à Marseille en 1347 aura tué près de la moitié de la population européenne), suggère compassion et confiance en un au-delà protégé. « Gloria » chante le Dominicain. « Alleluia » lui répond le protecteur des économies libres. D’actualité ? Le travail de Thierry Lenoir nous a habitué à ses critiques contre le consumérisme, les dictatures de toutes sortes et les mauvaises habitudes sublimées même si, sur cette lancée, il rend aussi parfois hommage, via des portraits à ceux de sa famille comme James Ensor, Henri Michaux, Félicien Rops ou encore René Magritte. 

Bruxelles, Le Salon d’art. 81 rue de l’hôtel des monnaies. Jusqu’au 30 avril. Du mardi au vendredi de 14h à 18h30. www.lesalondart.be

La madone à l’enfant. © Thierry Lenoir.


maurice pasternak


maurice pasternak exposition des œuvres récentes au salon d'art


traces de l’inacceptable
maurice pasternak
œuvres récentes
exposition du 6 janvier au 1er février 2020
¡!¡ vernissage le lundi 13 janvier de 18 à 20 h 30 ¡!¡

Ombre de nuages — Arbre tronc — Arbre racine

L’être incarne la fascination de puissance et la jouissance cruelle.
Une force imposée, subie, précipitée dans et en marge d’un désastre annoncé, entraîné par une aspiration gravitationnelle. La peau devient chair, blessure et sang.
L’attirance giratoire vers le fond en expansion où émerge un espoir. Extinction. Passage cyclique obturant, voilant toute lumière astrale d’ombre. Du rayonnement de l’astre obstrué émerge une fausse image.
Émanation, évanescence du feu de vie et de mort. Voyage autour de l’attraction brûlante du centre de la planète. Limites tracées pour conforter les peurs au-delà des obstacles posés provisoirement.
Destin définitif et programmé au-delà du voile illusoire comme seule lumière hors de la caverne. Envol des mémoires brûlantes induisant l’oubli. Fosses et chaux vive. Perte de corps... enfouissement.
Disparition.
Traces de l’inacceptable; la mémoire niant toute résurgence cyclique.

MP, novembre 2019




sans cris ni traces
maurice pasternak
œuvres récentes
exposition du 3 au 29 février 2020
¡!¡ 2e vernissage le lundi 3 février de 18 à 20 h 30 ¡!¡

Douceur — Violence

Flux des groupes humains. Appropriation des vies.
Témoin impuissant des mouvances prédatrices, l’histoire ne retient que les « remplacements » par le sang.
Communautés « élues » – droits au sol. Droit du sol.
L’Autre reste l’inquiétant, la menace.
Doutes, croyances, magie et religions. L’inexplicable, l’inacceptable.
Au-delà de la mort.
Survie illusoire et absurde. Renaissance éternelle dans les mémoires.
Puissance, pouvoir, ancrage au sol, limites, territoires clos.
Suicide collectif confortable, peurs des cycles de vie.
Regards détournés, négation de l’évolution et du destin. Ne pas entendre, ne pas penser, ne pas projeter... uniquement cette jouissance provisoire, jouissance de domination.
Enfant éteint, souillé, étouffé, utilisé, au destin obturé... déformé anéanti.
À quand l’éveil.
Animal, sans âme, sans regard, sans pensée - sans ouïe – esseulé, suspendu. Bruits assourdissants, fatals, funestes... inaudibles.  Enfouis dans le bruit interminable, absorbant et sourd dans le vent.
Végétal, comme la terre, comme l’air, comme l’eau, sans existence – Disparition silencieuse,
sans cris ni traces.

MP, novembre 2019

paul cox





chemin faisant
paul cox
œuvres récentes
exposition du 21 octobre au 21 décembre 2019
vernissage le lundi 21 octobre de 18 à 20 h 30

congés d’hiver du 24 décembre 2019 au 5 janvier 2020


présentation de « Chemin faisant », texte et images inédits de Paul Cox,
collection La Petite Pierre, éditions La Pierre d’Alun


Il y a deux rituels dans ma journée (au moins, mais je vous livre les deux principaux) : la promenade du matin, toujours la même, toujours différente, et la peinture de paysages, l’une et l’autre étant liées, soit que je dessine ou peigne sur le motif, soit que je me mette à l’ouvrage de mémoire, de retour à l’atelier. Les paysages peints à l’atelier se reconnaissent aisément à un trait qui ne trompe pas : le point de vue y est généralement au milieu de la route, ce qui serait dangereux si j’y plantais mon chevalet.
Les paysages d’observation m’apprennent tout ce que j’utilise par ailleurs dans mon travail : traits, accord de couleurs, formes nouvelles, tout me vient de là, de cette « attention sans intention » qu’évoque François Matton dans ses « Exercices de poésie pratique ».
Pour les paysages de mémoire, je me rappelle le souhait de Bonnard, qui disait vouloir « montrer ce qu’on voit quand on pénètre soudain dans une pièce d’un seul coup ». J’y travaille vite, avec quelque chose d’un peu rituel même dans la méthode : le report du dessin au papier carbone sur son support en bois, l’application d’une ou parfois deux couleurs de fond, la pose des couleurs avec une calme monotonie de plâtrier (cette image m’étant suggérée par les touches horizontales que j’adopte pour accentuer la sensation de mouvement le long de la route), dans un mécanisme proche du coloriage.
Le sujet étant donné : la route et ses stations successives, comme un embryon de récit, je me sens plus libre d’improviser à mon aise, de me concentrer, sans servilité au modèle, sur la couleur et les touches. Je réalise ces paysages de mémoire par groupe de deux, le second reprenant la gamme de couleurs choisie pour le premier, cette contrainte me permettant d’improviser plus librement encore.
Mes paysages sont déserts, parce qu’au petit matin on ne croise personne sur cette route de Bourgogne, sinon des vaches sur ses bords. Mais ma promenade n’est pas solitaire pour autant, beaucoup de peintres admirés m’y tenant compagnie : Fairfield Porter, Munch (j’ai pensé à ses bois gravés pour mes compositions en puzzle), David Milne, Manuel Calard dit « Danslecieltoutvabien », Corot pour sa science des valeurs (qui conseillait à ses élèves de résumer le paysage, pour commencer, à vingt valeurs ! – comme si c’était là chose aisée), Alex Katz, Vuillard (pour sa façon de laisser apparentes les couches du dessous) etc.
Cette promenade est mon bonheur et mon école, et j’intitule sa resti­tution de mémoire, dans mon jargon intérieur : « Chemin faisant ».

Paul Cox

koyuki kazahaya


Embassy of Japan in Belgium
Japan Information and Cultural Centre of the Embassy of Japan in Belgium
Rue Van Maerlant/Van Maerlantstraat 1 - 1040 Bruxelles/Brussel - 02 513 23 40
www.be.emb-japan.go.jp

presents
Transient Landscapes

koyuki kazahaya
風早小雪

2-20 September 2019
Opening on 2 September (Monday) 18-20 h

Please make a reservation at: info@bx.mofa.go.jp (Free admission) Opening hours: 9:15-12:30, 13:30-17:00 (Monday – Friday)

Information about art works, please contact to

le salon d'art

rue de l’hôtel des monnaies, 81 - 1060 bruxelles - 02 537 65 40
lesalondart@skynet.be - www.lesalondart.be

pol pierart




carnet de bord
pol pierart
photographies
du 19 août au 28 septembre 2019
¡¡¡vernissage le lundi 26 août de 18 à 20 h 30!!!

présentation de « Miroir = mire âge », textes et photos de Pol Pierart,
coédition La Pierre d’Alun & Yellow Now, dans la collection La Petite Pierre


C’est entendu, la photographie doit être faite par tous, non par un, Nougé et Magritte nous en ont montré l’exemple. Mais commençons d’abord par celui-ci, par Pol Pierart, qui ne nous aura d’ailleurs pas attendus pour commencer.
Trente ans en effet qu’il fixe par la photographie, sans jamais se renier, un petit théâtre cent fois monté et démonté, comme les tréteaux des baladins portés autrefois de ville en ville. Tout son monde est là, qui tient en ces objets exhumés du fond des tiroirs, oubliés, râpés, mutilés parfois, agrémentés de mots qu’il dispose à leurs côtés.
Images simples et efficaces qui disent sa force et sa fragilité, ses colères et ses illusions ; images puissantes à la mesure de sa déception, images tendres parfois au reflet de ses espoirs, petites images aux grandes ambitions, qu’un format de carte postale sert tellement mieux que de flatteurs agrandissements ; justes images en aphorismes photographiques qui sont, plus que celles d’un moraliste, les sentences d’un philosophe qui, à la fin de l’envoi, parvient toujours à nous toucher. Admirable Pierart, qui affronte ce monde avec si peu de moyens, obstiné comme la marée, têtu comme le ressac, à tarauder en solitaire les falaises d’un monde – le nôtre – où règnent l’injustice, le mensonge, le profit, la misère, un monde où la crapule ne songe plus même à se cacher tant elle s’offre en exemple.
Telle une ombre, Pierart se met quelques fois en scène dans ses images, sans souci d’autoportrait, usant de son visage, de son corps à l’égal des objets, signe entre les signes, exhibant aussi mots et maximes qu’il tend entre le paysage et notre regard. Sa tâche est ample : mettre le doigt où saigne le monde, donner une apparence à ses blessures, et rendre visible l’absurdité de l’existence où la conscience de l’inévitable mort devrait pourtant suffire à réduire bien des ambitions, des méfaits. Don Quichotte se leurrait, qui voyait des princesses chevaucher des ânesses et les moulins le défier. Mais pas Pierart, qui voit juste, qui sait reconnaître l’ennemi.
Mais la sagesse n’est pas vertu universelle et les tréteaux de Pierart pas près d’être rangés.
Aussi, ces modernes vanités, ces memento mori photographiques, devraient-ils agir comme autant de piqûres de rappel.

Xavier Canonne