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pierre radisic

 

pierre radisic, veni, vidi vinum, photographies, exposition du 20 août au 19 octobre 2024, verrenissage le lundi 26 août de 18 à 20 h 30 au salon d'art

veni, vidi vinum
pierre radisic
photographies
exposition du 20 août au 19 octobre 2024
verrenissage le lundi 26 août de 18 à 20h30

Présentation de « Verretiges » de Pierre Radisic aux Éditions de La Pierre d’Alun.
Avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles

 

Dans mon travail précédent, je vous avais invités sur une plage immaculée et déserte où rien ni personne ne venait perturber le jeu de la géométrie et des coïncidences improbables qui était mon propos.
Mais je ne vous avais jamais dit qu’il m’arrivait d’aller me ressourcer dans les bars de plages que l’on appelle ici xiringuitos et à quel point j’aimais contempler la mer assis derrière un verre de cava...
C’était simplement parce que je n’avais rien de particulier à partager à ce sujet, mais depuis l’été dernier ce n’est plus le cas!
Je ne m’étais auparavant jamais intéressé à la représentation des objets, jusqu’au jour ou j’ai observé mon verre avec un téléphone, et cherchant des points de vue différents de celui où je me tenais, j’ai eu soudain l’impression d’avoir accès à un autre monde.
Je préciserais qu’au même moment le télescope Hubble nous envoyait régulièrement des images extraordinaires et que je n’ai pas manqué, toute proportion gardée, de faire un parallèle avec ce que je pouvais voir dans mon verre...
Le matériau dont est fait le verre à vin n’est pas celui utilisé dans la fabrication des instruments de précision, c’est un fait, il est bien plus rudimentaire, pour ne pas dire grossier.
Et pourtant, qu’il soit vide ou plein, il peut aussi devenir un formidable système optique, une sorte de machine à transfigurer, riche de nombreuses et précieuses aberrations et déformations plus surprenantes les unes que les autres.
Et quant à son contenu, le vin en l’occurrence, nous savons tous de quoi il est capable et à quel point il peut modifier et altérer notre façon d’appréhender la réalité.
La conjonction des deux permet d’exacerber la vision, de tenter d’ouvrir les portes de la perception et d’envisager une passionnante aventure en terrain inconnu.
Il n’en fallait pas plus pour que j’entrevoie là un champ de possibles en parfaite adéquation avec ma nature hédoniste et qui de plus semblait être le parfait alibi pour m’adonner à mes addictions!
Aucune des images que vous pouvez voir ici n’a été préméditée, elles résultent toutes de l’observation attentive et répétée du moment et de la situation, car il est vrai que quand l’on navigue dans l’inconnu on ne sais trop que chercher...
Il ne s’agira donc que de révélations, car tout comme dans l’histoire du magicien d’Oz, tu ne découvriras rien que tu ne connaissais déjà, ce ne sont des fragments de ton vécu et de ta culture qui resurgiront de manière toujours aléatoire et impromptue...
Mais surtout tellement jubilatoire!
Veni, vidi, bibi.

Pierre Radisic

yu hirai

yu hirai, entre chien et loup, photographies, exposition du 16 août au 15 octobre 2022

entre chien et loup
yu hirai
photographies
exposition du 16 août au 15 octobre 2022
¡!¡!¡ vernissage le lundi 29 août de 18 à 20 h 30 ¡!¡!¡

Lorsque le jour baisse et que vient la nuit, toutes les lumières artificielles s’intensifient. Le moment précis de la rencontre de ces deux atmosphères colorées m’a toujours fascinée.
La toute première photographie de cette série date de 1997. Il s’agit de mon autoportrait dans l’intimité de mon studio à Berlin. Je suis devant une fenêtre ouverte, au crépuscule. Une lumière rouge, opaque, m’entoure et recouvre mon visage. Cet effet a été obtenu par une mise au point sur l’arrière-plan extérieur et non sur mon visage. Ce jeu de flou et de net est devenu par la suite mon modus operandi, même s’il m’a fallu plusieurs années pour mûrir ce qui allait devenir Entre chien et loup.
Dans cette série, la couleur bleu symbolise le monde extérieur, la réalité objective et l’inconnu. Le rouge, quant à lui, représente mes souvenirs, mes rêves, mon univers intérieur. Cette couleur a toujours évoqué pour moi l’idée de protection, de chaleur et de bien-être.
Au début des années 1980, à l’âge de vingt ans, j’ai quitté le Japon pour l’Europe. Depuis lors, j’ai vécu à l’étranger. Alors que je préparais les papiers nécessaires à mon départ, ma mère m’a appris que mon père n’était pas japonais. Ses parents à lui étaient des Coréens qui ont émigré au Japon durant la période du colonialisme nippon, sans doute dans les années 1920, mais je ne le sais pas vraiment. Pendant tout le temps de cet échange avec ma mère, mon père est resté caché derrière la porte.
C’est la découverte de ce passé qui m’a sensibilisée aux problèmes des minorités et des diasporas, aux nationalismes et aux questions identitaires. Je ne m’exprime pas directement sur ces sujets dans mon travail, mais ils sont au cœur de mes créations.
Mon père était présent, mais absent. Il a vécu avec nous, mais il faisait le vide autour de lui. C’est ce vide que je retrouve aujourd’hui dans l’absence de visage de mes portraits de la série Entre chien et loup. Ce visage sans trait est devenu le symbole des absurdités sociales et identitaires de notre monde.

Yu Hirai

jonathan steelandt

jonathan steelandt, normographes, photographies

normographes
jonathan steelandt
photographies
exposition du 16 août au 16 octobre 2021
vernissage le lundi 30 août de 18 à 20 h 30



GEOMETRIES D’HIER

Hier au 19e siècle, Jules Ferry, ministre français, impose l’école gratuite et l’instruction primaire obligatoire. Outre la lecture, l’écriture et le calcul, vient s’ajouter un cours de dessin géométrique destiné aux élèves, aux futurs artisans d’une France alors en concurrence avec l’Angleterre.
Des ouvrages abondamment illustrés développeront quantité de tracés depuis les figures les plus simples, comme le carré et le triangle, jusqu’aux plus complexes comme l’ellipse et les cycloïdes.
De cette école il en ressortira, plus tard, dans le Nord de la France, des peintres tels Auguste Lesage, Victor Simon et Fleury Joseph Crépin. Ils ont en commun tous les trois d’avoir entendu des voix, par exemple Lesage qui s’entend dire au fond de la mine « un jour tu seras peintre ». Ils ont aussi en commun d’utiliser des instruments : la règle, le compas et des gabarits. Classés par Dubuffet dans l’art brut, ils auraient pu se retrouver – pourquoi pas ? – dans l’abstraction géométrique.
Toujours du nord de la France, Auguste Herbin commence ses études à Lille dans l’atelier de Pharaon de Winter avant d’aller à Paris. Marcel Lempereur-Haut passe par l’académie des beaux-arts de Liège, suit aussi des cours de dessin industriel, avant de s’installer à Lille. Ils ont chacun une tout autre formation et sont capables de tracés très élaborés.
Malevitch et Mondrian, plus connus, ont réalisé une œuvre importante et eut une influence considérable. Vasarely, en son temps, a semblé avoir poussé cette géométrie à son dernier degré avant même que des artistes comme Sol Lewitt et Donald Judd aillent encore au-delà avec l’extrême réduction du minimalisme.
Tout ce long rappel pour vous dire que le travail de Jonathan Steelandt s’inscrit dans le parcours de cet art à dominante géométrique et qu’il y amène une collaboration qui lui est propre.


GEOMETRIE D’AUJOURD’HUI

Aujourd’hui. Un brin de fiction. Imaginons un jeune photographe qui s’ennuierait au fond de son atelier. Un peu à court d’imagination et se demandant ce qu’il pourrait encore bien faire qui n’a pas déjà été fait. Son regard tombe sur trois normographes, un souvenir de son grand père qui était ingénieur.
Pour le lecteur ignorant, s’il en est encore, le normographe est un instrument fort bien fait qui permet de titrer des plans. Mais pourquoi faut-il accompagner des dessins très élaborés de cette manière alors qu’une main assurée n’en aurait pas besoin ? Ingénieurs et dessinateurs se sont longtemps pliés à des conventions en traçant des lettres les plus neutres possibles.
Outre le souvenir de son grand père, ce jeune photographe, Jonathan Steelandt, fait preuve de créativité en détournant ces objets de leur premier usage. Jonathan va utiliser ces normographes comme il le veut mais d’une manière si imprévisible qu’elle n’aurait jamais pu être imaginée par l’inventeur de cet outil.
Ces objets possèdent peu de couleurs. La plus présente est l’orange, la couleur de référence de la marque. Elle teinte le matériau transparent percé de quantité de signes, des lettres, des chiffres et autres formes symboliques. Il suffit lors du titrage de déplacer la règle et de poser la lettre suivante à la bonne place.
À partir des éléments : transparence, couleur orange et les autres plus discrètes, celles des bords, Jonathan commence une mise en scène en studio. Devant un fond, blanc et neutre, les règles peuvent être disposées de plusieurs manières (à découvrir en regardant les œuvres). Leur assemblage va être à chaque fois valorisé par le fond qui reçoit un nombre réduit de lumières, souvent deux sources parfois trois, sources qui provoquent une diffusion de couleurs et remplit notre regard.
Voilà pour ce qui est donné à voir. Mais fallait-il déjà en dire tant ? Ne serait-ce pas au spectateur à entrer par lui-même dans ce qui est ici montré ? En dire trop ne peut que l’en priver et n’est-ce pas déjà vider l’image de ce qu’elle peut contenir ?
Une image qui varie, c’est bien là la part d’invention de Jonathan, une image dont la couleur orange n’est pas sans évoquer (à chacun sa perception) les fonds d’or de la peinture sacrée d’autrefois.

Léon Wuidar

pierre radisic


éclats multiples
pierre radisic
photographies
exposition du 18 août au 17 octobre 2020
vernissage le lundi 24 août de 18 à 20 h 30
présentation de « L’instant décisif », textes de Georges Meurant, photographies de Pierre Radisic, dans la collection de La Petite Pierre aux éditions de La Pierre d’Alun.
Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
nuit des galeries dans le cadre de parcours d’artistes
de 18 à 22 h le mercredi 30 septembre 2020


Comment introduire l’œuvre photo-graphique de Pierre Radisic, observateur infatigable et créateur prolifique, franc-tireur faisant feu de tous bois, iconoclaste provocateur et obsessionnel, bricoleur surréaliste, inclassable troublion ?
Au commencement était le Noir... et le Blanc... et la myriade de teintes de gris.
Au commencement était le corps, au commencement était le grain, la matière. Grain de peau, matière courbe et rebondie ou ferme et anguleuse, éclat du regard, reflets des textures, orifices comme autant de trous noirs, de régions inconnues. Le corps, tout est venu de là. Le corps comme émanation cosmique. Un monde qui s’accorde à nos désirs... un imaginaire qui jouit sans entrave... un plaisir partagé par le jeu des sens, jeu des formes, des contrastes et des couleurs, jeu des représentations et des fantasmes.
L’image devient tableau. Les formes et les couleurs, les ombres et les lumières s’organisent pour nous parler. La peinture a été une de ses principales sources de référence, l’Art pictural devenu l’Art photographique. De là sans doute cette constante esthétique. Même s’il affectionne le côté conceptuel de ses compositions, l’illusion d’optique et les interprétations qu’elles laissent à découvrir, la beauté formelle reste le fondement autour duquel tout viendra graviter.
Il en va de même pour la musique, son autre source d’inspiration. On retrouve cette idée de partition dans l’ensemble des images qu’il compose comme des séries, comme des séquences d’écriture picturale, sortes de variations sur un même thème. Une manière, peut-être, de vouloir dépasser l’instantané pour créer du mouvement, pour réaliser des partitions visuelles.
Pierre Radisic nous invite à explorer, à stimuler notre propre imaginaire, à laisser libre cours à nos interprétations voire à nous laisser « délirer ». À l’heure du cliché, du selfie et du « tout image » comme on dirait du « tout à l’égoût », l’œil et son point de vue sont à réinventer et la vision de Pierre Radisic pourrait nous y aider, nous aider à penser l’image autrement que comme un simple reflet de notre narcissisme ou comme une fabrique à souvenir...
Et Éros dans tout ça, me direz-vous ?
À la fois moteur et essence de sa création, carburant du plaisir et de la liberté artistique, le sexe est partout en filigrane...
Mais, en fin de compte, et si c’était plutôt une histoire d’œil ? Car c’est bien l’œil qui est au centre de l’aventure picturale de Pierre Radisic... l’œil qui voit et nous regarde.
Et ne dit-on pas « se rincer l’œil » ?
Tout est dans tout et réciproquement ?
Non peut-être!

Bernard Noël, mars 2020

pol pierart




carnet de bord
pol pierart
photographies
du 19 août au 28 septembre 2019
¡¡¡vernissage le lundi 26 août de 18 à 20 h 30!!!

présentation de « Miroir = mire âge », textes et photos de Pol Pierart,
coédition La Pierre d’Alun & Yellow Now, dans la collection La Petite Pierre


C’est entendu, la photographie doit être faite par tous, non par un, Nougé et Magritte nous en ont montré l’exemple. Mais commençons d’abord par celui-ci, par Pol Pierart, qui ne nous aura d’ailleurs pas attendus pour commencer.
Trente ans en effet qu’il fixe par la photographie, sans jamais se renier, un petit théâtre cent fois monté et démonté, comme les tréteaux des baladins portés autrefois de ville en ville. Tout son monde est là, qui tient en ces objets exhumés du fond des tiroirs, oubliés, râpés, mutilés parfois, agrémentés de mots qu’il dispose à leurs côtés.
Images simples et efficaces qui disent sa force et sa fragilité, ses colères et ses illusions ; images puissantes à la mesure de sa déception, images tendres parfois au reflet de ses espoirs, petites images aux grandes ambitions, qu’un format de carte postale sert tellement mieux que de flatteurs agrandissements ; justes images en aphorismes photographiques qui sont, plus que celles d’un moraliste, les sentences d’un philosophe qui, à la fin de l’envoi, parvient toujours à nous toucher. Admirable Pierart, qui affronte ce monde avec si peu de moyens, obstiné comme la marée, têtu comme le ressac, à tarauder en solitaire les falaises d’un monde – le nôtre – où règnent l’injustice, le mensonge, le profit, la misère, un monde où la crapule ne songe plus même à se cacher tant elle s’offre en exemple.
Telle une ombre, Pierart se met quelques fois en scène dans ses images, sans souci d’autoportrait, usant de son visage, de son corps à l’égal des objets, signe entre les signes, exhibant aussi mots et maximes qu’il tend entre le paysage et notre regard. Sa tâche est ample : mettre le doigt où saigne le monde, donner une apparence à ses blessures, et rendre visible l’absurdité de l’existence où la conscience de l’inévitable mort devrait pourtant suffire à réduire bien des ambitions, des méfaits. Don Quichotte se leurrait, qui voyait des princesses chevaucher des ânesses et les moulins le défier. Mais pas Pierart, qui voit juste, qui sait reconnaître l’ennemi.
Mais la sagesse n’est pas vertu universelle et les tréteaux de Pierart pas près d’être rangés.
Aussi, ces modernes vanités, ces memento mori photographiques, devraient-ils agir comme autant de piqûres de rappel.

Xavier Canonne

nathalie amand


vernissage le lundi 27 août de 18 à 20 h 30
présentation de «Papier-collants» texte de Caroline Lamarche, collages de Nathalie Amand, 
aux Éditions La Pierre d’Alun dans la collection La Petite Pierre

Les images réalisées par Nathalie Amand nous offrent une série de tableaux dans lesquels les cours d’eau concernés servent de fil conducteur à un travail orienté vers le mystère et la recherche de la lumière. C’est une démarche à la fois spirituelle et sensorielle qui nous renvoie tout à la fois à l’essence de l’acte photographique et plus simplement à sa capacité de « révéler » la part visible de l’invisible.
Le mystère : il est partout, quasi impalpable, parfois suggéré, rarement révélé. Il faut se donner la peine d’entrer dans l’image et se laisser piéger par le dédale végétal qui s’offre au regard. La luxuriance, quasi animale, ou pour le moins sensuelle, nous invite à la perdition. L’eau est évidemment présente, non pas dans l’élégance des courbes qu’elle dessine au hasard des variations géologiques, mais dans l’interpénétration des éléments : terre, eau, air. Le minéral et le vivant se mêlent et s’étreignent dans les soubresauts telluriques dont chaque image semble être la métaphore. Vie, mort et métamorphoses dont procèdent les cycles de la nature…
La démarche de l’artiste serait-elle romantique ? Car ici le mystère qui se dégage est imprégné des petites peurs et des grandes joies que ressent le voyageur quand l’immensité sylvestre semble se refermer sur lui. Avec la sensation d’être englouti par la nature matricielle, par la nature femelle… Disparaître pour être ! 
C’est l’esprit « Wanderer » que l’on retrouve dans les tableaux d’un Caspar Friedrich et dans la musique de Schubert. Ainsi, la démarche photographique de Nathalie Amand s’inscrit dans une continuité plastique, celle des paysagistes, tandis que la musicalité des choses et des êtres s’impose, comme jaillissant de l’image.
La lumière : survenant au détour d’un rayon de soleil, elle s’affirme soudain, éclairant la scène photographique jusqu’à l’éblouissement tandis que par contraste, elle souligne le velouté des zones sombres et la profondeur des noirs. Attendue et désirée par une artiste patiente, soumise aux contingences du lieu et de l’heure, totalement disponible, elle se laisse capter en cet instant décisif, unique, irremplaçable. Il y a quelque chose qui relève de l’amour dans cette démarche, tandis que la rencontre quasi surnaturelle de la lumière et du mystère renvoie à une certaine idée du sacré. 
Comme autant de sanctuaires, ces lieux cachés, protégés, qui se révèlent à ceux qui les cherchent et les méritent.
Bruno Lestarquit