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jonathan steelandt

jonathan steelandt, de fin à l’infini, photographies, exposition du 18 août au 25 octobre 2025, vernissage le lundi 25 août de 18 à 20 h 30 au salon d'art


de fin à l’infini
jonathan steelandt
photographies
exposition du 18 août au 25 octobre 2025
vernissage le lundi 25 août de 18 à 20h30

congés d’automne du 21 octobre au 2 novembre 2025

Présentation de « Normographes » de Léon Wuidar & Jonathan Steelandt aux Éditions de La Pierre d’Alun.
Avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles

 

Depuis 2019, j’ai réalisé des milliers de clichés avec une variante de matériaux rudimentaires, trois normographes ayant appartenu à mon grand-père, deux éclairages simples (un téléphone portable, une lampe led orangée) et un fond blanc, le tout dans un petit studio au fond de mon jardin. J’ai multiplié les prises de vue : un seul procédé pour un maximum de possibilités. La notion d’épuisement (à tout point de vue) est un des moteurs de ce travail, la photographie et ses moyens disponibles en sont un autre.
J’expérimente autant de variantes visuelles que possible, la lumière, la transparence, l’apparition et la disparition de la ligne, de la forme et du plan qui invoquent l’abstraction géométrique. Les notions de faux-semblant, d’illusion, de réalité transformée, d’épuisement et de variations m’intéressent au moins autant que l’aspect formel et plastique. Ces exercices de style sur les possibilités techniques et physiques posent la question de fin et d’infini (autant pour l’homme que pour la technologie).
En effet, les trois normographes en plastique s’usent, s’abîment car leur manipulation n’est pas toujours aisée. J’utilise de la pâte à modeler et des équilibres précaires pour mettre en place les objets, ils ne tiennent pas toujours durant la longue exposition de 8 à 20 secondes. Je modifie parfois mes éclairages durant ce moment dans une sorte de « ballet » ou de va et vient qui implique une tension physique.
La nécessité de devoir déformer le fond pour obtenir une forme résonne avec l’actualité contemporaine.

Jonathan Steelandt

anne leloup

anne leloup, telle une funambule, œuvres récentes, exposition du 12 mai au 12 juillet 2025 au salon d'art

 

telle une funambule
anne leloup
œuvres récentes
exposition du 12 mai au 12 juillet 2025
vernissage le lundi 19 mai de 18 à 20h30

Présentation de « Songe » de Yaël Cange & Anne Leloup aux Éditions de La Pierre d’Alun.
Avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles

 

L’univers d’Anne Leloup naît du regard qu’elle porte sur la nature. Elle inscrit dans ses carnets les contours gracieux de plantes, la magie des ombres portées, le subtil des espaces entre les choses.
Dans un second temps vient le moment de passer à l’atelier. Là, tout bascule.
La fluidité de l’encre ou de l’aquarelle engendre l’étonnant, le vif, et permet de dépasser la frontière de l’observation pour franchir ce nouveau territoire à la lisière de la rêverie.
Cette exposition regroupe un ensemble d’œuvres réalisées par l’artiste lors d’une résidence au Japon. Cette destination est une évidence lorsque l’on fréquente son travail. Laissons-nous happer par son sens de l’épure et conjointement par ses recouvrements ; par la palpitation des couleurs ou par leur netteté tranchante. Telle une funambule, elle a cette capacité à se mouvoir avec souplesse entre beauté et puissance. Car oui, au-delà du ravissement coloré, il y a aussi chez Anne Leloup une forme de stratégie de la force tellurique du tendre. C’est probablement là que réside une bonne part de l’enchantement que l’on éprouve lorsque l’on rentre en contact avec son œuvre.


Christophe Veys
Directeur du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée

thierry lenoir

thierry lenoir, le fou du roi, estampes récentes, exposition du 10 mars au 19 avril 2025, vernissage le lundi 17 mars de 18 à 20 h 30 au salon d'art

le fou du roi
thierry lenoir
estampes récentes
exposition du 10 mars au 19 avril 2025
vernissage le lundi 17 mars de 18 à 20h30

Pour cette nouvelle exposition, Thierry Lenoir revisite l’histoire du monde et de l’art. Il nous invite à observer les choses au travers du filtre de son regard espiègle et expressionniste. Il se frotte aux géants de la peinture devenus aux yeux de beaucoup de simples produits de consommation. La Laitière évoque souvent plus une marque de yaourt que Vermeer, le Cri de Munch devenu émoticône apparaît sur un tel nombre de produits dérivés qu’il se vide de son destin tragique. Thierry Lenoir glisse donc dans ses images un poil à gratter teinté d’humour. La silhouette du maître norvégien devient un simple jouet, sorte de nbsp;doudou sentimental au sein d’œuvres d’autres artistes.

Il propose aussi des planches dans lesquelles son regard affûté et critique souligne les travers de nos sociétés occidentales. Le consumérisme, le désir éperdu de vivre une vie de loisirs qui nous permettrait de nous extraire des habitudes mais qui, dans les faits, n’est que la version bien formatée des loisirs. Nous nous rêvons libres mais portons toutes et tous un boulet. On nous façonne depuis l’âge industriel pour être de bons citoyens / travailleurs / consommateurs. L’expression d’une pensée autre se retrouve aux marges du monde, là où Thierry Lenoir observe, conçoit et active ses gouges avec avidité. Sa perception malicieuse du monde, la vitalité de ses compositions (particulièrement celles convoquant des foules) font de lui une figure essentielle de notre époque en mutation. Une sorte de fou du roi rock à qui tout est permis puisqu’il a choisi de nous donner à voir par le biais de l’humour tous nos défauts.

Christophe Veys,
directeur du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée

koyuki kazahaya

 

koyuki kazahaya, titre, œuvres récentes, exposition du 6 janvier au 22 février 2025, vernissage le lundi 13 janvier de 18 à 20 h 30 au salon d'art

 

paysage intérieur
koyuki kazahaya
œuvres récentes
exposition du 6 janvier au 22 février 2025
vernissage le lundi 13 janvier de 18 à 20h30

Je suis née et j’ai grandi dans la ville de Tsukuba, préfecture d’Ibaraki, qui possède de nombreux sites naturels, tels que forêts, montagnes et lacs. Quand j’étais enfant, je jouais dehors et je respectais les arbres, les fleurs, les insectes et parfois je jouais sous la pluie et la neige. J’avais le sentiment que toutes les choses de la nature ont du pouvoir et de la vie et que tout ce qui m’entoure parle avec son propre souffle, ce qui est basé sur le culte de la nature et de l’animisme. Ce paysage intérieur a un effet sur mon travail artistique.
Je vis en Europe depuis plus de 10 ans. Ma première surprise lorsque je suis arrivée en Belgique, fut de constater que de nombreuses, cultures et religions différentes coexistent ici. Cela m’a également fait repenser à mes racines japonaises. Je réfléchis à mon propre contexte culturel en utilisant un point de vue extérieur. Je me connecte à la théorie selon laquelle une culture ne peut pas toujours être étudiée de l’intérieur. Pour moi, il était nécessaire de prendre du recul et d’adopter une perspective pour pouvoir la percevoir. Être immergée dans une autre culture, vivre à l’étranger, m’a permis de voir la mienne autrement et réaliser combien de choses m’étaient inconnues au Japon. Cela a fait naître ce projet dans lequel j’ai fait des recherches sur des sujets liés au paysage japonais. Il est inévitable d’échapper à son identité basée sur la culture, mais en même temps, je suis influencée par l’histoire de l’art occidental et l’immersion.
En parallèle, je poursuis mon projet Esprit de la forêt de 2021 qui porte sur les lieux sacrés, les sanctuaires japonais et la forêt, où les gens se rendent avec leurs propres pensées et souhaits. J’essaie de visualiser la présence divine, les esprits, les pensées et les sentiments des gens, transmis de génération en génération. Récemment, j’ai visité de nombreux sanctuaires au Japon dans le cadre de mes recherches sur le folklore et la culture.
C’est ma façon de convertir ce que j’ai vécu et vu, le plus important étant d’exprimer l’émotion et l’atmosphère des choses au-delà de l’image.
Koyuki Kazahaya

stefan de jaeger

stefan de jaeger, coup d’œil, œuvres récentes, exposition du 4 novembre au 21 décembre 2024, vernissage le lundi 4 novembre de 18 à 20 h 30 au salon d'art

 

coup d’œil
stefan de jaeger
œuvres récentes
exposition du 4 novembre au 21 décembre 2024
vernissage le lundi 4 novembre de 18 à 20h30

Au premier coup d’œil sur les œuvres récentes de Stefan De Jaeger, le visiteur curieux ou l’amateur éclairé est confronté à la puissance et la spontanéité du geste créateur de l’artiste qui affirment l’intensité de la mise en œuvre de ses peintures et encres de Chine.
Les dimensions des œuvres choisies pour l’exposition sont variées, de la plus grande toile aux œuvres sur papier Canson, peintes à l’eau et à l’encre. Elles apportent une conclusion magistrale à l’exposition.
Indépendamment de la taille, ces œuvres sur toile ou papier mettent en évidence l’usage des couleurs à l’huile et de l’encre de Chine ou au contraire privilégient la monochromie de cette dernière. C’est la vitalité de chaque mouvement créateur et de son tracé qui s’impose, incitant l’observateur à une plus ample contemplation ou à prendre le temps d’une étude attentive lui confirmant la maîtrise des différents gestes picturaux de Stefan De Jaeger.
C’est bien en pleine possession de ses moyens et de ses expériences antérieures que l’artiste peut s’adonner aisément à ses tracés évoquant des éléments de grilles sous-jacentes, mais surtout et principalement à la fulgurance de ses courbes plus épaisses pouvant se terminer en taches de couleurs ou d’encre plus ou moins denses ou intenses, librement étalées ou précisément circonscrites, où viennent se déployer ses suites de tournoiements et de répétitions du geste pictural face à la démultiplication des regards différenciés à porter sur chacune de ses œuvres.

Michel Baudson
a.i.c.a. - icom


pierre radisic

 

pierre radisic, veni, vidi vinum, photographies, exposition du 20 août au 19 octobre 2024, verrenissage le lundi 26 août de 18 à 20 h 30 au salon d'art

veni, vidi vinum
pierre radisic
photographies
exposition du 20 août au 19 octobre 2024
verrenissage le lundi 26 août de 18 à 20h30

Présentation de « Verretiges » de Pierre Radisic aux Éditions de La Pierre d’Alun.
Avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles

 

Dans mon travail précédent, je vous avais invités sur une plage immaculée et déserte où rien ni personne ne venait perturber le jeu de la géométrie et des coïncidences improbables qui était mon propos.
Mais je ne vous avais jamais dit qu’il m’arrivait d’aller me ressourcer dans les bars de plages que l’on appelle ici xiringuitos et à quel point j’aimais contempler la mer assis derrière un verre de cava...
C’était simplement parce que je n’avais rien de particulier à partager à ce sujet, mais depuis l’été dernier ce n’est plus le cas!
Je ne m’étais auparavant jamais intéressé à la représentation des objets, jusqu’au jour ou j’ai observé mon verre avec un téléphone, et cherchant des points de vue différents de celui où je me tenais, j’ai eu soudain l’impression d’avoir accès à un autre monde.
Je préciserais qu’au même moment le télescope Hubble nous envoyait régulièrement des images extraordinaires et que je n’ai pas manqué, toute proportion gardée, de faire un parallèle avec ce que je pouvais voir dans mon verre...
Le matériau dont est fait le verre à vin n’est pas celui utilisé dans la fabrication des instruments de précision, c’est un fait, il est bien plus rudimentaire, pour ne pas dire grossier.
Et pourtant, qu’il soit vide ou plein, il peut aussi devenir un formidable système optique, une sorte de machine à transfigurer, riche de nombreuses et précieuses aberrations et déformations plus surprenantes les unes que les autres.
Et quant à son contenu, le vin en l’occurrence, nous savons tous de quoi il est capable et à quel point il peut modifier et altérer notre façon d’appréhender la réalité.
La conjonction des deux permet d’exacerber la vision, de tenter d’ouvrir les portes de la perception et d’envisager une passionnante aventure en terrain inconnu.
Il n’en fallait pas plus pour que j’entrevoie là un champ de possibles en parfaite adéquation avec ma nature hédoniste et qui de plus semblait être le parfait alibi pour m’adonner à mes addictions!
Aucune des images que vous pouvez voir ici n’a été préméditée, elles résultent toutes de l’observation attentive et répétée du moment et de la situation, car il est vrai que quand l’on navigue dans l’inconnu on ne sais trop que chercher...
Il ne s’agira donc que de révélations, car tout comme dans l’histoire du magicien d’Oz, tu ne découvriras rien que tu ne connaissais déjà, ce ne sont des fragments de ton vécu et de ta culture qui resurgiront de manière toujours aléatoire et impromptue...
Mais surtout tellement jubilatoire!
Veni, vidi, bibi.

Pierre Radisic

jacques charlier

jacques charlier, la raie des mots, œuvres récentes, exposition du 11 mars au 27 avril 2024, vernissage lundi 18 mars de 18 à 20 h 30 au salon d'art


Hommage à Thierry Michelet

la raie des mots
jacques charlier
œuvres récentes
exposition du 11 mars au 27 avril 2024
¡!¡vernissage le lundi 18 mars de 18 à 20h30¡!¡
congés du 29 avril au 11 mai 2024


Il suffit de quelques mots pour que tout se calme autour de nous,
Du moins pour un moment.
Ne serait-ce qu’un instant...
Les mots ont une résonance suscitant des images.

De leur enchevêtrement subsistent quelques pensées disparates.
Je m’empresse de les conserver avec précaution.
Elles ont favorisé chez moi la venue de chansons, de tableaux.
Et de bien d’autres choses.
Sans elles le monde serait sans histoire.
Il ne s’expliquerait pas comme on voudrait.
Lorsque Jean Marchetti m’a proposé une édition,
J’ai considéré que le format se prêtait à l’intimité de mes anciens poèmes.
D’où le désir d’en écrire de nouveaux.
Les petites peintures d’accompagnement s’y sont accolées
Au fur et à mesure, hors du temps et en même temps.
Un rêve de plus,
En vertu de la confiance qu’offre l’inattendu...

Rapetissée à l’abri d’une poche
ou exposée dans un salon,
la raie des mots
s’aligne sur la couleur des ondulations.

Jacques Charlier

glen baxter expose à grenoble

 

glen baxter du 15 février au 27 juillet 2024 au couvent sainte-cécile à grenoble

le salon d'art a le plaisir de vous annoncer
l'exposition de glen baxter
du 15 février au 27 juillet 2024
au couvent sainte-cécile à grenoble

ouvert du lundi au samedi
de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30

so british!
37 rue servan, 38000 grenoble
+33 476 887 575

clément jacques-vossen

 

clément jacques-vossen, cheval de bataille, œuvres récentes, exposition du 8 janvier au 24 février 2024, vernissage le lundi 22 de 18 à 20 h 30 au salon d'art

cheval de bataille
clément jacques-vossen
œuvres récentes
exposition du 8 janvier au 24 février 2024
¡!¡vernissage le lundi 22 janvier de 18 à 20h30¡!¡
congés du 26 février au 10 mars 2024


Pour qui en est instruit, l’héraldique présente bien des charmes dans l’emploi d’un vocabulaire singulier usant de formulations aussi curieuses qu’anachroniques afin de décrire les blasons. C’est qu’il faut savoir de quoi on parle; point de couleurs mais des émaux : Gueule, Azur, Sable, Sinople et Pourpre; point de jaune ou de blanc mais des métaux : l’Or ou l’Argent; point de figures mais des Meubles ou des Pièces...
Clément Jacques-Vossen, volontiers iconoclaste, enfourche son Cheval de Bataille et bouscule joyeusement mais sérieusement les pratiques de la peinture et celles de l’iconographie traditionnelle en se représentant à travers différents tableaux. Les autoportraits se succèdent comme le monstre de Frankenstein ou un golem à qui je donne vie avec des pouvoirs magiques.
Il y a, en effet, de la magie dans ces peintures; celle qui nous conduit à ne plus savoir précisément quel est l’objet représenté et celle qui perturbe le regard cherchant à décrypter les différents vocabulaires visuels entremêlés les uns aux autres.
Et quand, enfin, tout est confondu, heureux le mortel fort en Gueule, vêtu de Pourpre, allongé sur le Sable qui contemple l’Azur tandis que les Meubles, objets utiles, envahissent les Pièces et les vieilles Armoires rient de tant de faux secrets de famille; l’Écu par-dessus tête.

Ma passion pour l’âge des ténèbres, qui n’était pas si sombre, n’est pas encore terminée. (C. J-V.)

Laurent Busine

erró

erró, la belle rosine, peintures, aquarelles & collages, exposition du 13 novembre au 23 décembre 2023, vernissage le lundi 13 novembre de 18 à 20 h 30 au salon d'art

la belle rosine
erró
peintures, aquarelles & collages
exposition du 13 novembre au 23 décembre 2023
¡!¡vernissage le lundi 13 novembre de 18 à 20h¡!¡
congés de fin année du 24 décembre 2023 au 7 janvier 2024


J’ai eu la chance de faire la connaissance d’Erró en 2016 lors d’une exposition à la Fondation Folon. Ce fût une de ces belles rencontres que le métier de conservateur nous offre. Nous avons partagé quelques moments inoubliables. Qui le connaît apprécie son humour et sa générosité.
Quel message Erró nous adresse-t-il aujourd’hui avec cette interprétation de « La belle Rosine », incarnation de la jeunesse éphémère confrontée à la mort ? Nous savons que l’artiste islandais découpe sans relâche des documents issus de tous bords qu’il collecte et conserve soigneusement. Ils surgissent quelquefois des années plus tard. Cette nouvelle exposition à Bruxelles chez l’ami Marchetti était sans doute l’occasion de valoriser l’œuvre d’Antoine Wiertz. Erró se sent-il intime du peintre belge qui maniait la dérision et surtout s’inscrivait dans les combats philosophiques et politiques de son temps ?
Erró a construit un univers pictural composé d’une explosion de figures, de monstres grimaçants ou d’anti-héros issus de la conscience collective, dans un chaos visuel, reflet d’une époque bombardée d’images. Souvent, il assemble sa peinture à des collages issus de l’imagerie de la bande dessinée, du cinéma ou des arts plastiques. Leur rencontre incongrue crée la surprise. On pourrait y voir le principe d’isolement cher aux surréalistes mais ces rapprochements inattendus ne visent pas la même intention. Erró suggère une narration et propose une approche plus sémiotique, une réflexion sur l’impact de l’image. Il peut user de la même image dans un contexte différent qui va induire un tout autre sens. Tel un témoin, il s’attaque avec ironie aux sujets de société – surconsommation, fantasmes stéréotypés de la sexualité, fanatismes religieux – ainsi qu’à la politique et à l’histoire contemporaine en pointant du doigt les guerres, les totalitarismes, le racisme. « Je suis une sorte de chroniqueur, de reporter qui rassemblerait toutes les images du monde et... je suis là pour en faire la synthèse (1). »
Aujourd’hui, avec cette glorification de « La belle Rosine », l’artiste met en valeur le concept de vanité, représentation allégorique de la fragilité de la vie humaine ou celui de la danse macabre, principe d’égalité de tous devant la mort. Quoi qu’il en soit par ce dialogue entre le squelette et la jeune femme, il pose la question du temps et s’empare d’un vaste sujet philosophique : « Faire bien n’est qu’une question de temps (2). »

Stéphanie Angelroth

1 - Se non è vero è ben trovato, Éditions La Pierre d’Alun, 2012, p.13
2 - Antoine Wiertz, La belle Rosine, (1847), huile sur toile, 140 x 100 cm, Musée Wiertz, Bruxelles. Inscription sur le tableau voir : https://fine-arts-museum.be/fr/la-collection/antoine-wiertz-la-belle-rosine

benjamin monti

 benjamin monti, gratte-papiers, œuvres, exposition du 2 octobre au 10 novembre 2023 au salon d'art

gratte-papiers
benjamin monti
œuvres
exposition du 2 octobre au 10 novembre 2023
vernissage le lundi 2 octobre de 18 à 20h30


Cher Benjamin, il y a quelques années te visitant à Liège, tu dessinais alors sur un pupitre d’écolier, ce qui m’avais surpris et au fond se justifiait. N’est-ce pas notre première et commune table de travail ? J’en ressentais le poids, le rappel à la contrainte, la mélancolie mais aussi la jubilation que l’on découvre à écrire, dessiner les lettres, colorier, découper, coller, toutes actions créatives qui naquirent sur ce meuble d’enfant. Chez bien des artistes l’enfance heureusement persiste et participe à la construction imprévisible et libre qui nourrit la vie.
Dessiner, est un terme générique bien vague, aussi l’as-tu affiné, rattaché à la spécificité de la plume et l’encrier, en rappel aux gratte-papiers et copistes d’hier et d’aujourd’hui. Tu accapares la couleur noire qui permet d’extraire tes propres démons! D’y associer l’espace de la page afin de provoquer des rencontres improbables ou parfaitement raisonnées, ainsi peux-tu bousculer l’ordre établi par de simples traits bien ajustés. Il en découle la possibilité d’introduire le rire, la colère, le sexe, les jeux de mains et de vilains! En somme le Monde, la Vie...
Ta passion pour l’imprimé sous toutes ses formes, ton insatiable appétit de collecter, rassembler, partager l’univers des revues, livres, fanzines, graphzines, bandes dessinées, catalogues en tous genres, cet éclectisme salvateur me réjouit, avec toi les encyclopédistes sont de retour...
La table lumineuse, réfléchit ta pensée, outil oh combien adapté à ton imaginaire, en même temps que tu t’exprimes, elle t’éclaire... Le dialogue dans tes derniers dessins s’anime par le mouvement mécanique, clés, ressorts, chariots, bagnoles, avions, locomotives, vélos, autos et motos, le cheval se décompose, l’escargot se chausse, petite dame et petit homme s’exhibent... Le revolver parfois en interrompt la féerie et le tintamarre. La fête ne devrait pas s’interrompre, la tête tourne, l’ivresse et le rire s’effacent, les ampoules s’éteignent... Le lendemain tout recommence.

Daniel Nadaud

beata szparagowska

 

beata szparagowska, fantômes rétiniens, photographies, exposition du 22 août au 30 septembre 2023 au salon d'art

fantômes rétiniens

beata szparagowska

œuvres récentes

exposition du 22 août au 30 septembre 2023

vernissage le lundi 28 août de 18 à 20h30


Les rouleaux de films qui sommeillent au fond du tiroir. Depuis une année, parfois plus. Pas d’urgence, les images attendent patiemment d’être révélées et d’être vues.
Ressorties une nuit d’insomnie, la maison dort toujours, je n’entends que ma respiration dans l’obscurité quand je les glisse dans la cuve de développement. Puis, je vais à la cuisine, je la pose, la vaisselle non lavée à côté, il pleut dehors. Le rythme monotone des gestes, leur précision qui rassure.
L’odeur de la chimie, des produits qui s’écoulent dans la cuve. Le temps qui passe. L’alchimie. Parfois je fais quelques pas de danse avec la cuve entre les mains. Le chien se réveille, me regarde sans comprendre. Le dernier rinçage et ça y est. Je vais me coucher. Le matin, les films développés sont toujours là, secs, suspendus sur une corde à linge dans la cuisine. Je les regarde à la lumière du jour.
Des images se bousculent. Des instants, captés en mouvement lors de l’un ou l’autre voyage, à peine aperçus, des mauvaises herbes glanées au bord de la route pendant que le paysage défilait me reviennent des années plus tard et se dessinent maintenant avec précision sur la pellicule.
Un bateau découpe l’horizon. Une sirène lointaine. Le clapotis de l’eau. Les pas sur la neige. Le silence d’un lac glacé. Une joie soudaine. Un réverbère. Une rue vide. Le bourdonnement d’une mouche derrière le rideau. La douceur des draps. Le sommeil.
Ces derniers mois je dors à nouveau mieux. Mes nuits sont denses de rêves. Le jour, j’attends avec impatience l’arrivée du soir et du sommeil.
Dormir. Se glisser lentement dans l’eau froide. Pas après pas. Le cœur qui bat trop vite. Après un moment d’hésitation, plonger la tête. Un bref frisson et ça y est. Je suis de l’autre côté.
Des miettes éparpillées d’un carnaval oublié dessinent une toute nouvelle constellation.
Les cris des oiseaux deviennent bizarres. Une mouette me regarde dans son vol. Où suis-je maintenant ? L’eau est douce, rassurante. Le clapotis des vagues me berce, découpe le paysage aux alentours en mille morceaux. J’entends un rire. De quel côté vient-il ?
L’eau est sombre et dense comme du goudron. Immobile. Toujours ce rire. Je me réveille en nage. La respiration violente, comme si je sortais la tête hors de l’eau.
La persistance rétinienne. La lumière qui dessine des formes au fond de l’œil. La lumière qui noircit la pellicule, image après image. La lumière qui grave la mémoire. Qui se glisse sous les paupières dans les rêves.

Beata Szparagowska

anne desobry

anne desobry, répétition(s), œuvres récentes, exposition du 15 mai au 15 juillet 2023, vernissage le lundi 15 mai de 18 à 20 h 30

répétition(s)

anne desobry

œuvres récentes

exposition du 15 mai au 15 juillet 2023

vernissage le lundi 15 mai de 18 à 20h30

congés d’été du 18 juillet au 21 août 2023



L’atelier est un cube blanc d’une vingtaine de mètres carrés densément peuplés. Gris, monochrome.
Des châssis en attente d’un côté, des tables qui semblent chacune avoir une fonction, une douzaine de ciseaux suspendus côte à côte, des agrafeuses, des boîtes rangées, des bocaux et produits accumulés, des pots à crayons et à pinceaux. Des images épinglées, superposées, apposées. Répétitions. Des piles de journaux. Des carnets. Des objets, en nombre et toujours regroupés. Un espace qui se crée par la mise en liens de petits riens. Un livre de G. Didi-Huberman : Quand les images prennent position. D’autres livres : Journal de travail de B. Brecht ; Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse de G. Anders ; le Manuscrit de 1942 de W. Heisenberg ; ou des extraits de Kubark. Obnubilation. Idée fixe.
Surtout, des photos : une main tordue au sol, un loup, des forêts, des pelleteuses, des scènes de guerre ou de déboisement, une ville bombardée, une succession de visages de victimes ou d’accusés. Et des coupures de journaux, sans date, sans contexte. Parfois uniquement le titre d’un article découpé : « Au bord du vide ». Le tout en noir et blanc. Aucune couleur. Le bruit des guerres, le son en moins. La géographie de la destruction et le vacarme du monde pénètrent l’espace de l’atelier par touches d’images et de mots. Les camps, les goulags, la déportation, la torture, l’oubli. L’isolement, l’ailleurs, la fuite, le refuge, la solitude. Destruction par l’homme. Irrésolution. Répétitions de l’histoire.
Les peintures et dessins, aux murs et sur les tables. Les couleurs apparaissent alors, très souvent ternes – verts délavés et embrumés, gris chauds et poussiéreux, de grands aplats noirs –, parfois très vives – un jaune ou un vert presque purs, arbitraires. Anéantissement. Monochrome. Désolations.
La succession, la mise côte à côte, l’accumulation de traces suscitent quelque chose qui n’est pas dit. Fragments. (D)énonciation silencieuse.
Aucun visage n’est reconnaissable dans les œuvres. Terminées, en cours ou étapes de recherche, il est difficile de donner un statut à ces images. Elles sont simples, sans mise en scène, presque anecdotiques. Mais elles sont puissantes, toujours. Et évocatrices. Images simples, qui se lisent seules ou par associations. Répétition.
Un arbre isolé et ébranché. Des silhouettes fantomatiques qui avancent lentement vers un inexorable rien, coincées entre un ciel menaçant et une terre vide. Un pavé, écrasant. Un tas de décombres. Un micro. Un homme penché, bras dans le dos. Une cage. Des grilles. Des éléments architecturaux, détruits ou à l’inverse froids et immaculés. La reconstitution d’une coupure de journal, les mots en moins. Une montagne renversée. Des taches blanches, comme autant d’explosions aveuglantes. De la fumée. Des taches d’huile ou de sang. Quelques mains, tendues vers on se sait quoi, ou alors inertes. Une paire de lunettes brisée. Des oreilles. Empêchements.
Si les œuvres semblent muettes – pas une bouche, pas un œil n’est représenté –, l’évocation de la dévastation est partout. Vestiges. Témoin d’un saccage. Des oreilles, encore. Quand les images prennent position...
Répétition générale.

David Scheer

esteban moulin

esteban moulin, plans de vol, œuvres récentes, exposition du 6 mars au 29 avril 2023 au salon d'art


plans de vol
esteban moulin
œuvres récentes 

exposition du 6 mars au 29 avril 2023
!¡! vernissage le lundi 13 mars de 18 à 20 h 30 !¡!
congés de printemps du 30 avril au 14 mai 2023

Dans ma peinture, l’espace non peint est le plein, c’est le monde visible.
Mon espace peint devient le vide, c’est le monde invisible.
Je joue avec le visible et l’invisible.
Le ciel est visible, il est rempli et je vais le vider par ma trace. Pour les yeux humains, la trace d’un avion de voltige est invisible et je vais la rendre visible à travers la calligraphie.
Comme peintre et calligraphe, je cherche et montre que l’objectif de cette trace, écrite par l’avion dans le ciel, est artistique. Ma calligraphie n’est pas immédiate, il y a une méditation intérieure et elle n’est pas aléatoire.
Elle est le résultat d’une succession linéaire très précise. Je sais où je vais commencer et où je vais terminer. Selon la trame de l’histoire que je vais raconter, je réfléchis au pinceau, à l’encre et au support que je vais utiliser.
J’adore le papier pour son côté pénétrant, la vitre pour sa translucidité, le plexi pour sa flexibilité, la fresque pour sa vision monumentale, la toile pour le grain qu’elle dégage.
Il y a une grammaire dans cette calligraphie, comme dans la voltige aérienne. Pour écrire une histoire, je suis comme le pilote qui utilise cet alphabet très particulier de figures, ce langage très codifié repris dans un dictionnaire : le code Aresti. Un programme de vol est composé d’une combinaison d’une dizaine à une vingtaine de figures. Les différents enchaînements de symboles donnent le caractère propre du rythme, du souffle et de l’énergie du vol. Quand je peins, j’exécute cette chorégraphie précise.
L’idée d’entamer ce parcours calligraphique m’est venue il y a une dizaine d’années. Juge dans une compétition, j’avais dans les mains un programme de voltige avec toutes les figures enchaînées. Comment pouvais-je réaliser cela en peinture ?
Le début de ce travail est également lié à mon expérience de pilote et à ce souvenir d’adolescence où mon père, pilote, me demandait de dessiner son vol sur une vitre.
Tous ces éléments m’ont permis d’accéder à cette nouvelle étape de mon travail artistique. Je suis un scribe du ciel et des pilotes.

Esteban Moulin

patrick van ghendt

 patrick van ghendt, entrevoir, estampes, exposition du 9 janvier au 4 mars 2023 au salon d'art



entrevoir
patrick van ghendt
estampes 

exposition du 9 janvier au 4 mars 2023
!¡! vernissage le lundi 23 janvier de 18 à 20h30 !¡!

Les deux dimensions, les encres et les teintes estampées sur papier, tout nous porte à croire qu'il s'agit ici de gravure mâtinée de photographie. Dès lors, comme cela se fait le plus souvent, on pourrait regarder ces œuvres de Patrick Van Ghendt en jaugeant le savoir-faire dont elles procèdent, en essayant de deviner ce qu'elles représentent, voire pour les plus experts d'entre nous, en tentant de mettre à jour les influences artistiques de leur auteur.
Leur facture, la façon de les présenter, mais aussi le contexte de la galerie, tout en fait nous incite à décrypter ces images, à en soupeser le sens ou les intentions, bref à les lire alors qu'il serait plus judicieux de simplement les voir.
Voir comme on le fait plus facilement avec les autres sens, en baissant la garde de l'intellect et en se laissant gagner par des sensations. Voir comme on le fait en fermant les yeux car c'est à cette condition que l'on reconnait – chacun a pu en faire l'expérience – non pas une quelconque réalité, mais plutôt le souvenir enfoui, si intime et si précieux, d'une impression fugace que celle-ci nous a un jour laissée.
Entrevoir en quelque sorte et pour cela, au préalable expérimenter.
Expérimenter les espaces ouverts par l'artiste, dans cette troisième dimension indissociable de sa pratique d'architecte. Y cheminer du regard, se faufiler dans les dédales pour y retrouver des fragments de vie flottant en deçà de la conscience. Mais aussi, filer droit dans la profondeur sans se soucier des cloisonnements successifs, la mémoire aux aguets, prête à débusquer ces impressions pures, non perverties par le langage, gravées profondément en nous par la lumière du temps où l'on ne pouvait rien nommer, du temps où l'on pouvait seulement ressentir.
Expérimenter ces images en se passant des mots et de leur poids de conventions. Expérimenter comme des enfants qui plissent leurs paupières face au soleil pour le seul plaisir des formes et, in fine, débouler dans une quatrième dimension insoupçonnée.

Jean-Marc Bodson

pierre alechinsky

 

alechinsky, ultima, dessins peintures, exposition du 17 octobre au 17 décembre 2022 au salon d'art

ultima ?

alechinsky
peintures dessins
exposition du 17 octobre au 17 décembre 2022
vernissage le lundi 17 octobre de 18 à 20 h 30

Alechinsky, infatigable joueur de « l’un dans l’autre », peinture, dessin, gravure, écriture, s’est toujours livré, seul ou avec ses amis, au Test du titre. Pour les œuvres qu’il présente, il a saisi au vol une dénomination : Ultima... Mais suivi de ce (trop peu usité) point d’ironie qu’affectionnaient Picabia et les dadaïstes.
Alors qu’il s’apprête à passer le cap des 95 ans, et une date-anniversaire qu’à chaque automne l’artiste s’efforce, pas dupe, de contrarier d’un sourire narquois, Alechinsky laisse l’ombre derrière lui et regarde au devant. Le temps dans l’atelier doit générer le plaisir et l’exaltation de la recherche, l’attente de la découverte inattendue et sublimée, des nouvelles images nées du geste de la main sur le papier, la pierre lithographique, la plaque de cuivre ou quelque document d’un autre temps. Ne rien rejeter, surtout. Laisser infuser l’encre ou l’acrylique. Attendre, le temps est nécessaire, et y revenir. Pour adjoindre, ornementer, effacer, soustraire : faire tourner manège et la roue de la fortune, signe de connivence avec la si peu routinière Astrologie poétique de Léon-Paul Fargue.
On sait l’importance chez Alechinsky des sinuosités serpentines ambivalentes, de la circulation suggestive des courbes jaillissantes. Puissance ondulatoire de la forme circulaire, En vase clos : au loin un nordique Soleil de minuit, ici l’estampage d’un trou d’homme, là une hélice en mouvement, voire une roue d’imprimerie, naissant du papier froissé, sur un tondo plus tendu qu’un chromo.
L’œuvre d’Alechinsky se renouvelle dans son rapport à la durée et à l’imprévu qui en advient. Champ libre à l’imaginaire et à ses strates, d’hier et d’aujourd’hui. Les années de La Cambre, lorsqu’il grave en 1948 deux eaux-fortes en relief et lino pour Le Sens des Tarots, texte de Marcel Lecomte, aujourd’hui en cours de réédition, accompagné des « souvenotes » du peintre écrivain. Mais encore De l’eau de vie de 2022 : quelques essais de gravures, laissés là durant trois décennies, avant d’être prises, reprises et transformées par enchâssements, inclusions, superpositions, stries, marges et couleurs, assurant la fulgurance d’une métamorphose.
En ces temps d’une violence éprouvante, Alechinsky résiste, et se révèle loin d’avoir tiré la dernière lame de son tarot.

Alain Delaunois

yu hirai

yu hirai, entre chien et loup, photographies, exposition du 16 août au 15 octobre 2022

entre chien et loup
yu hirai
photographies
exposition du 16 août au 15 octobre 2022
¡!¡!¡ vernissage le lundi 29 août de 18 à 20 h 30 ¡!¡!¡

Lorsque le jour baisse et que vient la nuit, toutes les lumières artificielles s’intensifient. Le moment précis de la rencontre de ces deux atmosphères colorées m’a toujours fascinée.
La toute première photographie de cette série date de 1997. Il s’agit de mon autoportrait dans l’intimité de mon studio à Berlin. Je suis devant une fenêtre ouverte, au crépuscule. Une lumière rouge, opaque, m’entoure et recouvre mon visage. Cet effet a été obtenu par une mise au point sur l’arrière-plan extérieur et non sur mon visage. Ce jeu de flou et de net est devenu par la suite mon modus operandi, même s’il m’a fallu plusieurs années pour mûrir ce qui allait devenir Entre chien et loup.
Dans cette série, la couleur bleu symbolise le monde extérieur, la réalité objective et l’inconnu. Le rouge, quant à lui, représente mes souvenirs, mes rêves, mon univers intérieur. Cette couleur a toujours évoqué pour moi l’idée de protection, de chaleur et de bien-être.
Au début des années 1980, à l’âge de vingt ans, j’ai quitté le Japon pour l’Europe. Depuis lors, j’ai vécu à l’étranger. Alors que je préparais les papiers nécessaires à mon départ, ma mère m’a appris que mon père n’était pas japonais. Ses parents à lui étaient des Coréens qui ont émigré au Japon durant la période du colonialisme nippon, sans doute dans les années 1920, mais je ne le sais pas vraiment. Pendant tout le temps de cet échange avec ma mère, mon père est resté caché derrière la porte.
C’est la découverte de ce passé qui m’a sensibilisée aux problèmes des minorités et des diasporas, aux nationalismes et aux questions identitaires. Je ne m’exprime pas directement sur ces sujets dans mon travail, mais ils sont au cœur de mes créations.
Mon père était présent, mais absent. Il a vécu avec nous, mais il faisait le vide autour de lui. C’est ce vide que je retrouve aujourd’hui dans l’absence de visage de mes portraits de la série Entre chien et loup. Ce visage sans trait est devenu le symbole des absurdités sociales et identitaires de notre monde.

Yu Hirai

glen baxter


glen baxter, la vie d'artiste, œuvres, exposition du 9 mai au 16 juillet 2022, vernissage le lundi 16 mai de 18 à 20 h 30


la vie d’artiste
glen baxter
œuvres
exposition du 16 mai au 16 juillet 2022
¡!¡ vernissage le lundi 16 mai de 18 à 20 h 30 ¡!¡
présentation de « La vie d'artiste », de Glen Baxter aux Éditions de La Pierre d’Alun


The life of an artist

I was born in Hunslet, a tiny suburb of Leeds. Both my parents were working so I was sent to the local nursery.
At the end of my first term there, the teachers held an open day to celebrate the activities of the children. My parents came along to the event and noticed 3 large tables filled with lots of tiny clay figures.
“Which of these did our son Glen make?” asked my mother “These 2 tables” replied the teacher.
Warning bells were clearly sounding…
I carried on at school although these were difficult times. I had a stammer and my parents were worried it would affect my school work.
I remember one day my mother sent me off the local shops to buy a collar stud for my father’s shirt.
I was very nervous and as I set off to walk to the shops I began rehearsing my speech, trying various combinations of “Good Morning, I’d like to buy a collar stud please.”
Finally, I arrived at the entrance to the shop, and marched bravely in. The shop assistant stared at me from behind the counter. I managed to speak without a trace of a stammer.
The assistant looked at me in total astonishment after a long pause he said “I think you might like to try the shop next door”.
I turned to exit and then realized I was standing in a furniture shop.
I had been focussing so much on making my speech I had gone into the wrong shop.
I had said the correct words, but in the wrong place.
A few years later, when I went to art school I discovered the work of André Breton. He was describing surrealism and that’s when I realized I was already a surrealist at the age of 16.
I spent 5 years at art school and became fascinated by the paintings of Giorgio di Chirico and the collage novels of Max Ernst. At this time the art school was mainly focussed on abstraction and much of the work was a pastiche of American abstract expressionism.
I was much more intrigued by Dada & surrealism and Erik Satie’s notion of an artist’s life.
I seemed I was the right person in the wrong place.
I left art school, disillusioned and moved to live & work in London, where I began to write prose poems & make small drawings.
In 1974 I was invited by the American poets Larry Fagin & Ron Padgett to read my works at the Poetry Project in New York.
I stood before an audience at the legendary venue-St. Mark’s Church on the Lower East Side and I read my works.
The reaction was totally enthusiastic. I was in heaven.
The American writer and Oulipo Member, Harry Matthews came up to congratulate me.
Later that year I had my first exhibition of drawings at the Gotham Book Mart Gallery.
Somehow I had managed to combine images and words in a way that was definitely English though owes a great debt to the spirit of European surrealism.

Glen Baxter 2022
 
 
La vie d’artiste

Je suis né à Hunslet, un petit faubourg de Leeds. Comme mes deux parents travaillaient, j’ai fréquenté la crèche locale.
À la fin de mon premier trimestre, les enseignants ont organisé une journée portes ouvertes pour célébrer les activités des enfants. Mes parents sont venus à l’événement et ont remarqué trois grandes tables remplies de nombreuses figurines en argile. « Lequel de ces objets a fabriqué notre fils Glen ? » a demandé ma mère. « Ces deux tables. » a répondu l’enseignant.
Les sonnettes d’alarme ont clairement retenti...
J’ai continué à aller à l’école bien que ce soit une période difficile. Je bégayais et mes parents craignaient que cela n’affecte mon travail scolaire.
Je me souviens qu’un jour, ma mère m’a envoyé dans les magasins du coin pour acheter un bouton de col pour la chemise de mon père. Très nerveux, alors que je me dirigeais vers les commerces, j’ai commencé à répéter mon discours, testant différentes combinaisons de « Bonjour, je voudrais acheter un bouton de col, s’il vous plaît ».
Enfin, je suis arrivé à l’entrée du magasin où j’ai courageusement avancé. Le vendeur me fixait de derrière le comptoir. J’ai réussi à parler sans la moindre trace de bégaiement. L’assistant m’a regardé, totalement stupéfait. Après une longue pause, il dit : « Je pense que vous aimeriez essayer la boutique voisine. » Je me tournai pour sortir et réalisai que je me trouvais dans une boutique de meubles. J’étais tellement concentré sur mon discours que je m’étais trompé de magasin.
J’avais dit les bons mots, mais au mauvais endroit.
Quelques années plus tard, quand je suis allé à l’école d’art, j’ai découvert le travail d’André Breton. Il décrivait le surréalisme et, là, j’ai réalisé que j’étais déjà un surréaliste à l’âge de 16 ans.
J’ai passé 5 ans à l’école d’art et j’ai été fasciné par les peintures de Giorgio di Chirico et les romans-collages de Max Ernst. À cette époque, l’école se focalisait principalement sur l’abstraction et la plupart des travaux pastichaient l’expressionnisme abstrait américain. J’étais beaucoup plus intrigué par Dada et le surréalisme, ainsi que par la notion de vie d’artiste d’Erik Satie.
Il me semblait que j’étais la bonne personne au mauvais endroit.
J’ai quitté l’école d’art, désillusionné, et je suis parti vivre et travailler à Londres, où j’ai commencé à écrire des poèmes en prose et à faire de petits dessins.
En 1974, les poètes américains Larry Fagin et Ron Padgett m’ont invité à lire mes œuvres dans le cadre du Poetry Project à New York, devant un public réuni dans la légendaire église St Mark’s, dans le Lower East Side. La réaction a été totalement enthousiaste. J’étais au paradis. L’écrivain américain et membre de l’Oulipo, Harry Matthews, est venu me féliciter.
Plus tard, cette année-là, s’est ouverte ma première exposition de dessins à la Gotham Book Mart Gallery.
Bizarrement, j’avais réussi à combiner des images et des mots d’une manière qui était absolument anglaise, quoique devant beaucoup à l’esprit du surréalisme européen.

Glen Baxter 2022

simon outers

simon outers, arbo-naissance, œuvres récentes, exposition du 7 mars au 14 mai 2022 au salon d'art


arbo-naissance
simon outers
œuvres récentes
exposition du 7 mars au 14 mai 2022
vernissage le lundi 7 mars de 18 à 20 h 30
présentation de « Portraits de famille », de Jean-Luc & Simon Outers aux Éditions de La Pierre d’Alun


Simon Outers grave l’absence dans la présence. D’un trait vif qui décape le réel, il interroge des vies humaines, le mystère des arbres, les rencontres entre les premières et les seconds, il confronte des figures décentrées, des visages happés par des collages à la germination du végétal. La gravure est habitée par un temps long, frère de celui de la croissance des grands silencieux, les arbres. Si, aux yeux de l’artiste, l’humain n’est pas irreprésentable, il contrarie pourtant toute mise en image, mettant en crise la figuration. Les phénomènes du vivre qu’il explore avec un ensemble expérimental de techniques ressaisissent la sève unique qui anime la culture et la nature. Le disparu se dépose à la surface d’images complexifiées. Le regard de Simon Outers se fait tantôt ironique, tantôt poétique. Il campe un monde d’incertitude que seul son art de la composition arrime. Les portraits de famille, il les grave dans une mémoire qui noue le familial au géologique, la société à la genèse des existants. Le rapprochement entre le règne humain et le règne végétal s’opère par un agencement de l’espace qui réverbère les flux et les strates du temps. On pourrait parler d’une quête d’équivalence entre naissance des traits gravés et naissance d’un monde. Les réalités se fondent les unes dans les autres, des troncs d’arbres, des cimes luxuriantes se superposent à une constellation de visages. Le mouvement, l’élévation, la croissance vers le ciel, la couleur appartiennent aux arbres tandis que les visages sont souvent captifs d’une immobilité.
Victimes de la sixième extinction massive des espèces, des animaux sauvages n’apparaissent plus qu’en creux, découpés dans la forêt. De part et d’autre de l’image, surplombant les animaux laissés en blanc, Simon Outers dispose deux tableaux, l’un abritant des dessins miniatures du crocodile, du dromadaire, du lion et autres espèces, l’autre présentant des familles d’arbres. La civilisation des forêts plonge les sociétés humaines dans un mirage. Paysages délayés, passés dans un test de Rorschach, êtres saisis dans une sarabande chorégraphique… Sur une œuvre, nous voyons une fillette jouer à saute-mouton. L’œil de Simon Outers pratique un saute-mouton esthétique qui, jouant avec les brisures de symétrie, la disjonction des plans, évide le plein et relie le dispars.

Véronique Bergen