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nathalie amand

nathalie amand, la botanique, photo-montages, exposition du 18 août au 17 octobre 2026

nathalie amand
photos-montages

exposition du 18 août au 17 octobre 2026

Présentation Le carnet rose, textes de Jacques Sojcher et photos-montages de Nathalie Amand dans la collection La Petite Pierre, éditions La Pierre d’Alun

vernissage le lundi 24 août de 18 à 20 h 30

 

Nathalie Amand est photographe, elle puise son inspiration au fil des brocantes et des foires aux vieux papiers. Elle y glane des documents et des revues qu’elle métamorphose en palimpsestes, la matière première, en y apposant ses propres photos selon le gré de ses envies. Je les regarde ébloui, ce sont d’autres collages de Nathalie que ceux de mon Carnet rose. Un homme-mannequin, debout sur un feuillage, tenant un fruit en forme de sexe de femme, d’où sort une fleur; sur sa cuisse un papillon. Un tronc de femme, seins nus, la tête devenue des lèvres attrape-mouches, d’où jaillissent des fleurs blanches. Les jambes d’une femme en train de se faire avaler par une plante vorace. Des mains sans corps touchent des fleurs. Les plantes suggèrent des phallus. Tout est sexué dans son imaginaire botanique et la nature est un chant de couleurs.
C’est avec cette infinie délicatesse qu’elle a mis en lumière les textes pour Le Carnet rose, à partir de ballons, de papillons, d’oiseaux, d’un cheval, d’un vélo, d’une guitare, surtout de fleurs, de fougères, assemblés avec des femmes à moitié nues, aux postures acrobatiques.
Nathalie Armand apporte à cette exposition ainsi qu’à mon livre une libido poétique, une joie exubérante. Ses couleurs donnent aux mots le jaillissement d’une naissance.
Les femmes sont encore plus belles que de nature et moi, fou d’elles.
C’est grâce à Jean Marchetti, qui a eu l’idée de nous réunir, que j’ai découvert une artiste qui transfigure le réel.

Jacques Sojcher

nathalie amand, on en parle... (merci à Guy Gilsoul)


L’œuvre de la semaine
Guy Gilsoul
Promenons-nous dans les bois tant que…..
Il faut avoir vu (et dégusté) la saveur surréaliste des collages de Nathalie Amand (°1968) pour mieux se perdre dans les forêts de montagnes que la photographe nous propose. Le regard chute plus qu’il ne s’aventure. Pas de chemin tracé, pas d’horizon. La sérénité du marcheur et l’émerveillement du botaniste font place aux imaginaires des bois et des futaies. Dans ces forets de Haute Savoie dans lesquelles la photographe se perd, les troncs sont recouverts de mousses et de lichens et les branches reliées entre elles par des vapeurs arachnéennes, masquent le sol. Le côté fantastique élève la voix et comme le suggérait le peintre allemand Friedrich, c’est bien l’oeil intérieur qui se mesure ici aux pouvoirs de la rétine et de la raison. Romantique alors Nathalie Amand ? Sans aucun doute, mais sur ce tremplin, elle vit, l’appareil en bandoulière, ce que Max Ernst désignait comme la vocation de l’homme : « se délivrer de sa cécité ». Le hasard sera donc convoqué et de même le temps afin que vienne le mystère. Choisissant des temps de pose assez long (dix secondes), Nathalie Amand, avec la complicité d’un flux de lumière, provoque des zones d’apparition qui ne sont pas sans évoquer les spectres et autres auras de la photographie spirite. Quand, au contraire, le jour s’accroche et ricoche en gris gommant les contours et les profondeurs, il crée, comme ici, un lieu indéfini dont on pourrait trouver des équivalences dans le procédé du frottage.  Notons que l’exposition donne lieu à la publication, aux éditions de la Pierre d’Alun de « Papiers collants » associant les collages de l’artiste et un texte de Caroline Lamarche.
Bruxelles, Le Salon d’art. 81, rue de l’Hôtel des Monnaies. Jusqu’au 20 octobre. Du Me au Ve de 14h à 18h30, sa de 9h30 à 12h et de 14h à 18h. www.lesalondart.be

nathalie amand


vernissage le lundi 27 août de 18 à 20 h 30
présentation de «Papier-collants» texte de Caroline Lamarche, collages de Nathalie Amand, 
aux Éditions La Pierre d’Alun dans la collection La Petite Pierre

Les images réalisées par Nathalie Amand nous offrent une série de tableaux dans lesquels les cours d’eau concernés servent de fil conducteur à un travail orienté vers le mystère et la recherche de la lumière. C’est une démarche à la fois spirituelle et sensorielle qui nous renvoie tout à la fois à l’essence de l’acte photographique et plus simplement à sa capacité de « révéler » la part visible de l’invisible.
Le mystère : il est partout, quasi impalpable, parfois suggéré, rarement révélé. Il faut se donner la peine d’entrer dans l’image et se laisser piéger par le dédale végétal qui s’offre au regard. La luxuriance, quasi animale, ou pour le moins sensuelle, nous invite à la perdition. L’eau est évidemment présente, non pas dans l’élégance des courbes qu’elle dessine au hasard des variations géologiques, mais dans l’interpénétration des éléments : terre, eau, air. Le minéral et le vivant se mêlent et s’étreignent dans les soubresauts telluriques dont chaque image semble être la métaphore. Vie, mort et métamorphoses dont procèdent les cycles de la nature…
La démarche de l’artiste serait-elle romantique ? Car ici le mystère qui se dégage est imprégné des petites peurs et des grandes joies que ressent le voyageur quand l’immensité sylvestre semble se refermer sur lui. Avec la sensation d’être englouti par la nature matricielle, par la nature femelle… Disparaître pour être ! 
C’est l’esprit « Wanderer » que l’on retrouve dans les tableaux d’un Caspar Friedrich et dans la musique de Schubert. Ainsi, la démarche photographique de Nathalie Amand s’inscrit dans une continuité plastique, celle des paysagistes, tandis que la musicalité des choses et des êtres s’impose, comme jaillissant de l’image.
La lumière : survenant au détour d’un rayon de soleil, elle s’affirme soudain, éclairant la scène photographique jusqu’à l’éblouissement tandis que par contraste, elle souligne le velouté des zones sombres et la profondeur des noirs. Attendue et désirée par une artiste patiente, soumise aux contingences du lieu et de l’heure, totalement disponible, elle se laisse capter en cet instant décisif, unique, irremplaçable. Il y a quelque chose qui relève de l’amour dans cette démarche, tandis que la rencontre quasi surnaturelle de la lumière et du mystère renvoie à une certaine idée du sacré. 
Comme autant de sanctuaires, ces lieux cachés, protégés, qui se révèlent à ceux qui les cherchent et les méritent.
Bruno Lestarquit